08/08/2008

Programme de développement du Secteur de la santé

L’analyse du secteur fait ressortir que les indicateurs démographiques illustrent trois faits marquants :

1- la baisse de la mortalité ;
2- la baisse de la natalité ;
3- la modification profonde de la structure de la population par âge.

La part des moins de 10 ans diminue considérablement et celle des plus de 60 ans fait une avancée rapide. L’allongement de l’espérance de vie des Algériens, la mettant dans la plage des pays développés (76,1 ans), est source de grande satisfaction. La baisse substantielle de la mortalité maternelle (de 230 pour 100.000 en 1989 à 96,5 pour 100.000 en 2005) et infantile (de 58,1 pour 1.000 en 1989 à 29,7 pour 1.000 en 2005) est un autre indicateur fort significatif de l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant.

Les indicateurs épidémiologiques illustrent cette modification sous forme de baisse très significative de la part des maladies transmissibles dans la mortalité et de la progression rapide de la part des maladies non transmissibles (chroniques) dans la structure des décès.

 II- Le programme de développement 2005-2009 porte notamment sur la réalisation de 65 hôpitaux généraux et spécialisés dont un institut du rein et un institut du cancer, 76 polycliniques, 168 centres de santé, 40 salles de soins, 6 centres de contrôle sanitaire aux frontières, 4 centres d’hémodialyse et un institut de formation paramédicale dont le détail se présente comme suit :

Hôpitaux généraux :


Corso dans la wilaya de Boumerdès,
Tarf, Adrar, Laghouat, Touggourt et El Hedjira dans la wilaya de Ouargla,
Djelfa, Ami Moussa dans la wilaya de Relizane, Mostaganem, Tipasa, Chelghoum Laïd dans la wilaya de Mila,
Remchi dans la wilaya de Tlemcen,
Guerrara et Berriane dans la wilaya de Ghardaïa,
Sougueur dans la wilaya de Tiaret,
M’daourouche dans la wilaya de Souk-Ahras,
Mecheria dans la wilaya de Naâma,
Bordj Kheris dans la wilaya de Bouira,
Cherchar et Ouled Rechache dans la wilaya de Khenchela,
Zeribet El Oued dans la wilaya de Biskra,
Béni Srour et Magra dans la wilaya de M’Sila,
Hassasna dans la wilaya de Saïda,
Rasma dans la wilaya de Sidi Bel Abbès,
Taoura dans la wilaya de Souk Ahras,
Abadla dans la wilaya de Béchar.
 

Hôpitaux spécialisés :

Sidi Bel Abbès (02), Sétif (01), Alger (03), Adrar (01), El Oued (01), Skikda (01), Oran (02), Bordj Bou Arréridj (01), Mascara (01), Tizi-Ouzou (02), Annaba (01), Batna (01) Tlemcen (01), Djelfa (02) Souk-Ahras (01), Guelma (01), Constantine (01), Tiaret (01), Timimoune (01) dans la wilaya d’Adrar, El Oued (01), Saïda, Médéa (02), Sour El Ghozlane (01) dans la wilaya de Bouira, Ouargla (01) et Ghardaïa (01).

Un institut du rein à Blida et un institut du cancer à Oran

76 polycliniques :

Djelfa (03), Sidi Bel Abbès (01), Mostaganem (01), Mohammadia (01) dans la wilaya de Mascara, Laghouat (01) Batna (05), Biskra (03), Béchar (03), Blida (01), Bouira (01), Tébessa (02), Tlemcen (01), Tiaret (05), Tizi-Ouzou (01), Alger (02), Jijel (01), Sétif (02), Saïda (02), Skikda (01), Sidi Bel Abbés (01), Annaba (02), Constantine (01), Médéa (02), Mostaganem (01), M’sila (01), Ouargla (03), Boumerdès (01), El-Oued (01), Tipasa (01), Mila (01), Aïn-Defla (01), Relizane (01), Adrar (02), Chlef (01), Oum El Bouaghi (01), Béjaïa (01), Illizi (01), Tarf (01), Tissemsilt (01), Khenchela (01), Souk-Ahras (01), Aïn-Defla (01) Bordj Bou Arréridj (02), Naâma (03) et Ghardaïa (02),

168 centres de santé :

Bordj Bou Arréridj (02), Batna (05), Biskra (02), Béchar (02), Tamanrasset (03), Tébessa (02), Tizi-Ouzou (02), Djelfa (02), Jijel (02), Skikda (02), Guelma (02), Constantine (02), Mostaganem (03), Relizane (06), Mascara, Oran, El Bayadh (03), Tipasa (02), Mila, Adrar, Chlef, Laghouat, Béjaïa, Blida, Annaba (02), Illizi, Boumerdès (02), Tarf (02) Tindouf, Tissemsilt (03), Khenchela (06), Souk-Ahras (06), Aïn-Def!a (02), Naâma (06), Ghardaïa (03), Oum El Bouaghi (04), Bouira (06), Tlemcen (04), Tiaret (09), Djelfa (04), Sétif (07), Saïda (04), Sidi Bel Abbés (05), Médéa (11), M’sila (17), Laghouat (03), Ouargla (07) et El-Oued (02).

40 salles de soins :

Touggourt (Ouargla), Ouargla, Oum El Bouaghi (03), Bouira (14), Tébessa (09), Souk-Ahras (03), Tissemsilt (02), Sétif (06) et Tlemcen (01).

6 centres de contrôle sanitaire aux frontières :

Tamanrasset (02), El-Oued (02), Illizi (01) et Tindouf (01).

Un institut de formation paramédicale :

Alger. 4 centres d’hémodialyse et un institut de formation paramédicale :
Guerrara (dans la wilaya de Ghardaïa, Sour El Ghozlane (dans la wilaya de Bouira), Tiaret et Djelfa.

Le programme de développement du Sud et celui des Hauts Plateaux

Le Sud algérien bénéficie notamment de :

8 hôpitaux généraux, 8 polycliniques, 17 centres de santé, 2 salles de soins, 7 urgences médico-chirurgicales et un centre d’hémodialyse, et les Hauts Plateaux de 15 hôpitaux généraux, 20 polycliniques, 59 centres de santé, 38 salles de soins, 11 urgences médico-chirurgicales et 3 centres d’hémodialyse.

L’ensemble des ces structures renforce de 6.827 lits supplémentaires les capacités publiques nationales d’hospitalisation qui passeront à 64.500 lits en 2009, contre 54.000 lits en 1999, et ceci hormis les 7.200 lits qu’offriront les 390 cliniques que comptera le secteur privé national d’ici à 2009.

L’amélioration de la couverture sanitaire dans toutes les régions du pays est perceptible, d’autant que sur le plan des ressources humaines il est attendu, en plus des praticiens en attente d’emploi, l’arrivée de promotions de 15.000 médecins généralistes, 5.000 médecins spécialistes et 15.000 paramédicaux à la même échéance.

L’Algérie comptera à l’horizon 2009, un médecin pour 757 habitants, un chirurgien-dentiste pour 2.515 habitants, un pharmacien pour 3.141 habitants, ou un praticien, tous médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens confondus, pour 491 habitants et un paramédical pour 290 habitants, contre, en 2005, un médecin pour 969 habitants, un chirurgien-dentiste pour 3.646 habitants, un pharmacien pour 5.389 habitants, ou un praticien, tous médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens confondus, pour 670 habitants et un paramédical pour 367 habitants.

Il est important de rappeler que l’Algérie ne comptait à l’indépendance qu’un médecin pour 25.463 habitants, un chirurgien-dentiste pour 72.848 habitants, un pharmacien pour 41.667 habitants, ou un praticien, tous médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens confondus, pour 14.726 habitants et un paramédical pour 2.979 habitants.

Les perspectives offertes par le Programme Complémentaire de soutien à la croissance, plan de développement 2005-2009, confortent les grands projets achevés ou en voie d’achèvement du Programme de soutien à la relance économique 1999-2004.

Ce programme comprend, notamment, 30 hôpitaux généraux et spécialisés, un hôpital de jour, 11 polycliniques, 26 centres de santé, 12 urgences médico-chirurgicales et 13 centres d’hémodialyse totalisant 5.000 lits :

Hôpitaux généraux :

7 mis en service : Béchar, Aïn-Azzel dans la wilaya de Sétif, Nedroma dans la wilaya de Tlemcen, Bir El Ater et Chréa dans la wilaya de Tébessa, Meghaïer dans la wilaya d’EI-Oued) Aïn El Bey dans la wilaya de Constantine.
13 en cours de réalisation ou en voie d’achèvement : Oran, Skikda, Aïn-Temouchent, Chlef, Khenchela, Nedroma (wilaya de Tlemcen), Thénia (wilaya de Boumerdès), E!-Hadjar (wilaya de Annaba), Naâma, Aoulef (wilaya d’Adrar), Hassi R’mel (wilaya de Laghouat), Azeffoun (wilaya de Tizi-Ouzou), Tablât (wilaya de Médéa).

Hôpitaux spécialisés :

3 achevés à 100 % : Sidi Bel Abbès, Mostaganem, Tlemcen.
6 en cours d’équipements ou en cours de réalisation : Messerghine (wilaya d’Oran) Annaba, Ouargla, Sétif, Bab El Oued (wilaya d’Alger), Guemmar (wilaya d’El-Oued).

Un hôpital de jour : Blida

11 polycliniques mises en service :

Ténès (wilaya de Chlef), Mahafir (wilaya de Laghouat), Sidi Khaled (wilaya de Biskra), Kerzaz (wilaya de Béchar), EI-Hassasna (wilaya de Saïda), Berrouaghia (wilaya de Médéa), Sig (wilaya de Mascara), Aïn-Turk (wilaya d’Oran), Bordj Bou Arréridj, Zemmouri (wilaya de Boumerdès) et Khemisti (wilaya de Tissemsilt).
 

26 centres de santé dont:

22 mis en service :

Oum Graïn Aflou (wilaya de Laghouat), Henchir Toumaghi (wilaya de Oum El Bouaghi), Chetma (wilaya de Biskra), Chetouane (wilaya de Tlemcen), Aïn-Youcef (wilaya de Tlemcen), Naïma (wilaya de Tiaret), Azzouza (wilaya de Tizi-Ouzou), Ait Chefaâ (wilaya de Tizi-Ouzou), Aït Aïssa Mimoun (wilaya de Tizi-Ouzou), Dergana (wilaya d’Alger), Djemila (wilaya de Sétif), Salah Dendji (wilaya de Constantine), Ziane Mansouria (wilaya de Jijel), El Anasser, Colla Sidi Embarek et Ouled Kheliffa (wilaya de Bordj Bou Arréridj), Thénia (wilaya de Boumerdès), Asfour (wilaya de Tarf), Baghel (wilaya de Khenchela), Mila Beinem Zareza (wilaya de Mila), Boukourdane Sidi Ouriache (wilaya de Aïn-Temouchent).
 

4 en cours de réalisation :

R’hia et Boughrara Saoudi (wilaya d’Oum El Bouaghi), Boussouf (wilaya de Constantine), Tindouf.
 

12 urgences médico-chirurgicales :

9 mises en service :

Aïn El Hammam (wilaya de Tizi-Ouzou), Bordj Ménaïel (wilaya de Boumerdès), Aïn Oussara (wilaya de Djelfa), EI-Bouni (wilaya de Annaba)., Bouchegouf (wilaya de Guelma), Sidi Aïssa (wilaya de M’sila), EI-Bayadh, Tissemsilt et Chlef.
 

3 en voie d’achèvement :

Taref, Biskra et Sétif. ò 13 centres d’hémodialyse : 12 mis en service : Laghouat et Aflou (wilaya de Laghouat), Bordj Ménaïel (wilaya de Boumerdès), Ténès (wilaya de Chlef), Hadjout (wilaya de Tipasa), Messaâd (wilaya de Djelfa), Taref, Ménéa (wilaya de Ghardaïa), Béni Saf et Hammam Bouhadjar (wilaya de Aïn Temouchent), Oued Zenati (wilaya de Guelma) et EI-Bayadh.

1 centre en voie d’achèvement :

CHU de Béni Messous (wilaya d’Alger).

07/08/2008

MOHAMED MOULESSEHOUL ECRIVAIN ALGERIEN

 YASMINA KHADRA


   

Yasmina Khadra a bousculé le petit monde du polar francophone lorsqu’en 1997 paraissait son premier roman de la trilogie du commissaire Llob, roman qui avait l’Algérie contemporaine comme toile de fond. Et comme cible.

    Interview Rue des Livres - Yasmina khadra            par Marie-Laure

 

khadra6.jpgYasmina Khadra naît en Algérie en 1955. Si son père, dès l'âge de 9 ans l'inscrit dans une école militaire, le jeune Mohamed Moulessehoul, sait déjà, au plus profond de lui, que sa véritable passion c'est l'écriture. Après une carrière militaire, durant laquelle il écrit malgré tout, il se consacre aujourd'hui à l'écriture. D'une plume alerte, il passe sans souci, des romans policiers aux romans « politiques » dans lesquels il met l'accent sur les discours de sourds entre orient et occident. Aujourd'hui nommé directeur du Centre culturel algérien à Paris, Yasmina Khadra, homme de lettres, est sans doute avant tout, homme de coeur, profondément attaché au pays qui est le sien: l'Algérie.

Rue des livres - Vous avez un parcours atypique, puisqu'après une carrière dans l'armée algérienne que vous quittez vous vous consacrez totalement à l'écriture, quand et comment est née cette passion pour l'écriture ?

Yasmina Khadra - Je suis né pour écrire. Je tiens cela de ma tribu bédouine dont le savoir et le verbe avaient rayonné pendant des siècles sur le Sahara algérien et dans la région limitrophe. Mes ancêtres furent des poètes, des érudits et des sages. Leurs enseignements ont éclairé plusieurs générations de néophytes.

Rue des livres - Vous écrivez depuis longtemps sous votre pseudo « Yasmina Kadhra », vous ne révélez votre véritable identité que tard, ce que l'on peut comprendre aisément. Vous choisissez le prénom de votre épouse, un pseudo féminin, est-ce en rapport avec l'admiration que vous avez pour les femmes algériennes ?

Yasmina Khadra - D'abord pour l'admiration que j'ai pour mon épouse. Elle est la belle plus chose qui me soit arrivé. C'est une femme très simple, modeste mais d'une force de caractère et d'une présence d'esprits exceptionnels. J'aime sa correction, sa droiture et sa foi; j'aime l'écouter car ses conseils m'ont toujours servi. D'un autre côté, je reste persuadé que le malheur des nations arabo-musulmanes vient exclusivement de la disqualification de la femme. Marginaliser, voire déprécier la participation de la femme dans la construction plurielle de nos sociétés est une incoyable stupidité qu'il va nous falloir proscrire de nos mentalités. Garder mon pseudonyme féminin est une façon, pour moi, de combattre auprès de la femme arabo-musulmane, de lui dire tout le respect qu'elle m'inspire et tout l'amour que j'ai pour elle.

Rue des livres - Vous maniez l'art de l'écriture avec un talent indéniable, puisque vous rédigez des nouvelles, des polars et des romans.Votre investissement personnel est-il le même dans toutes ses formes d'écriture et que pensez-vous de l'expression « le style Khadra » ?

Yasmina Khadra - Je crois que j'ai un style. Mes lecteurs disent le reconnaître entre mille. C'est une façon singulière de raconter, écrire et traiter d'un sujet. Ma langue reste très proche de ma sensibilité de bédouin et je ne peux concevoir un texte sans l'installer dans cette poésie qui a, depuis des siècles, bercé les miens. Je suis très heureux de constater combien, en Occident, mon lectorat est attentif à ma façon d'écrire. Je reçois beaucoup de courrier qui m'encourage dans ce sens. J'ose ainsi espérer contribuer à rapprocher les cultures et à montrer combien nos différences nous enrichissent.

Rue des livres - Votre trilogie « les hirondelles de Kaboul, l'attentat et les sirènes de Bagdad »sont des ouvrages majeurs dans votre bibliographie (l'attentat a d'ailleurs reçu le prix des libraires 2006) et vous déclarez, je cite : "Projeter le lecteur occidental dans l'Afghanistan des talibans, dans le conflit israélo-palestinien, ou dans l'Irak d'aujourd'hui, c'est lui donner un accès plus direct à la mentalité orientale ». Pensez-vous être une sorte de messager, en exerçant vos talents d'écrivain et une meilleure compréhension et tolérance des différences de mentalité permettrait-elle, de résoudre en partie les conflits mondiaux actuels ?

Yasmina Khadra - Je ne suis pas un messager, je suis un homme alerte, vigilant, qui voit le monde courir à sa perte et qui essaye de réagir. Je sais combien les gens sont abusés par les raccourcis médiatiques et les stéréotypes politiques et, armé de mon expérience et de mon amour pour l'espèce humaine, j'essaye de calmer les esprits en remettant chaque chose dans son contexte. Je tente de rassurer les intelligences, d'éveiller les consciences et de mobiliser les esprits autour d'un merveilleux idéal qui s'appelle : la vie. Les gens, souvent, ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont d'être en vie. La vie est tellement précieuse qu'il devient impératif, obsessionnel de la préserver.

Rue des livres - Vous portez un regard très dur (très certainement justifié) sur l'Algérie d'aujourd'hui puisque vous déclarez, non sans humour : « Nos gouvernants doivent comprendre que leur place est au musée de la Bêtise humaine ou bien à la fourrière. ». Ne pensez vous pas ce regard peut se porter sur beaucoup de gouvernants actuels ?

Yasmina Khadra - Absolument. Le monde est en faillite intellectuellement et moralement. Les gouvernements sont dépassés par les événements et toutes les gesticulations qu'ils déploient ne sont que les signes précurseurs d'une débande planétaire. Je suis très inquiet, avec cet Occident narcissique et mégalo persuadé tenir les choses en main et qui n'arrête pas de cumuler les maladresses et les précipitations forcenées et un Orient sempiternellement égal à lui-même, avec ses fortunes basphématoires et son manque d'entrain frustrant livrant ses jeunesses au marasme tous azimuts avant de les abandonner au ressentiment, au renoncement qui en fait un cheptel propitiatoire à tous les détournements suicidaires, notamment idéologiques.

Rue des livres - Quels sont, aujourd'hui, vos projets d'écriture et quelles lectures pouvez-vous soumettre à nos lecteurs ?

Yasmina Khadra - Mon prochain roman revient en Algérie. Une histoire d'amitié et d'amour impossible. Un survol de l'histoire de mon pays à travers une saga qui commence dans les années 30 et se termine de nos jours. Parler de l'autre visage de la colonisation, bien sûr avec ses injustices et ses exclusions, mais en sortant des sentiers battus. Une sorte de travail de mémoire distancié. Nos deux pays, l'Algérie et la France, ont besoin de ne plus se voiler la face. Le passé ne doit pas empêcher la réconciliation. L'avenir nous regarde et nous devons apprendre à ne pas nous en détourner.

Rue des livres - Vos livres sont mondialement reconnus, traduits en 14 langues, « Morituri » le roman qui vous a révélé a été adapté au cinéma. Vous déclariez en 2001 lors d'une interview au journal algérois Liberté : « J'ai vécu ma vocation d'écrivain quelque part dans un coin de ma solitude, avec l'espoir sans cesse grandissant de retrouver cette lumière qui me permettrait de retrouver la voie qui était foncièrement mienne : la littérature.". Pensez-vous aujourd'hui avoir retrouver cette lumière et que vous apporte-t-elle ?

Yasmina Khadra - Cette lumière ne m'a jamais vraiment quitté. Elle est en moi depuis que je suis né. Ce sont les noirceurs du monde qui l'ont occultée par moments, sans parvenir à l'effacer ni à l'éteindre. Il me suffit d'écrire pour la retrouver. Et j'écris aussi pour la partager avec les gens que j'aime. Juste une petite chose : je suis traduit en une trentaine de langues, et non pas en 14. Cette audience me rassure et m'encourage dans mes convictions. C'est la preuve que nous pouvons, d'un bout à l'autre de la planète, nous comprendre et nous apprécier mutuellement. Ce n'est que de cette façon, dans cet élan généreux et sain, que nous pouvons enfin accéder à la maturité.

Propos recueillis par Marie-Laure

Rue des Livres le 19/11/2007
Articles et citations

L'intérêt passionné de Yasmina Khadra pour tout ce qui touche à son pays, l'ont conduit à rédiger, pour les presses française et algérienne, un certain nombre d'articles, dans lesquels, faisant fi des menaces et des dangers, ou du souci de sa gloire littéraire, il entend dire ce qui lui convient et ce qui le révolte, ce qui l'émeut et ce qui l'horrifie. La plume du journaliste retrouve le style de l'écrivain, lyrique et dépouillé. Nous vous avons choisi de vous présenter quelques-uns de ces textes. D'autres articles sont consultables à la page Liens.

  Interview Rue des Livres - Yasmina khadra par Marie-Laure
19/11/2007 - Rue des Livres

  Interview au quotidien Le Financier par Fayçal Anseur
19/11/2007 - Le Financier - Algérie

 Vu des yeux, vu du coeur par Walid SAHRAOUI
08/11/2007 - L'Expession Dz.com

 Aix-en-Provence - Un écrivain dans la ville par Olivier-Jourdan Roulot
04/10/2007 - Le Point - N° 1829

  Mon pays souffre par Yasmina Khadra : tribune dans le quotidien El Pais
03/06/2007 - Le Soir d'Algérie

  Le rêve algérien par Yasmina Khadra: Interview par Nassira Belloula
30/10/2005 - Liberte-A

 Sur l'écriture de Yasmina Khadra par Wenceslas Carlos Lozano
11/06/2005 - Auteur

 Je ne suis pas un écrivain de l'urgence par Bouziane Benachou: Interview de Y.Khadra
15/05/2005 - El Watan

  La plus belle des libertés par Yasmina Khadra
16/06/2004 - Le Matin

  “Nous sommes les otages d’une histoire travestie“ par Mehdi Lafifi
27/05/2004 - Culture

  Une paix à vivre par Yasmina Khadra
18/05/2003 - Chronique du journal Le Matin - Alger

 

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Kenadsa : ville d'art, d'histoire et de déboires

Kenadsa : ville d'art, d'histoire et de déboires

par Abdallah Azizi

1ère partie


Malgré les changements profonds qui s'y sont opérés, cette ville du Sud-Ouest du pays demeure encore dans les esprits, avec cet aura d'un passé exceptionnel, d'une brillance qui perdure, rémanente dans la mémoire de ses habitants et aussi dans celle de beaucoup d'autres gens : Algériens, Maghrébins, Européens et autres qui y ont vécu ou qui l'ont connue.

Elle a rayonné spirituellement, culturellement et économiquement sur toute la région pendant presque trois siècles. Mais un rayonnement, sommes-nous tentés de dire, qui aurait été autant resplendissant qu'éphémère et ce, au regard des immenses vicissitudes de l'histoire mouvante des hommes, de leurs racines qui se perdent dans les ténèbres du temps. Ainsi, la Kénadsa d'antan, en quelque sorte, serait-elle cet astre éteint après avoir brillé longtemps, mais dont la lumière continuerait à nous parvenir par une mystérieuse illusion d'optique, parce que la distance qui nous sépare, se mesurerait en années-lumière. Autrement dit, il nous est resté et continuent à nous parvenir encore des restes, parfois des bribes de cet éblouissant et étonnant passé, parce qu'au demeurant, il n'est pas si loin de nous.

Après un déclin évident, Kénadsa continue aujourd'hui à vivre « sur ses lauriers », un peu à l'instar - mais à sa petite échelle - de la civilisation arabo-musulmane dont les irréductibles tenants, ne se lassent pas de nous seriner son glorieux passé, histoire de nous dire (de se dire surtout), que «nous avons été intelligents et que, si nous l'avons été, c'est que nous pouvons encore l'être de nouveau». Malgré quelques tentatives louables mais néanmoins dérisoires, Kénadsa essaie, tel le phénix de la légende, de renaître de ses cendres, de retrouver ne serait-ce qu'une petite partie de son lustre d'autrefois. Le retrouvera-t-elle jamais ?

Des travaux de réfection ont été entrepris pour la restauration - du moins d'une infime partie - du vieux ksar actuellement «ruiniforme» (selon une expression imagée de l'un de nos anthropologues), et ce, par des moyens et des matériaux traditionnels. Cette opération, qui ressemble hélas à un cautère sur une jambe de bois, a concerné la venelle principale, une partie du mur d'enceinte du vieux cimetière, et quelques vieilles maisons de particuliers. Elle a pour mérite d'avoir donné l'illusion d'une certaine résurrection à un ksar moribond. En effet, les alentours des deux vieilles mosquées connaissent une certaine affluence surtout pendant les jours des fêtes religieuses. C'est une population bigarrée qui envahit intermittemment ces venelles, en quête de baraka et de bénédictions du premier Patron de la ville d'abord (Sidi Abderrahmane) mais surtout celles de son « nouveau et grand Patron » : Sidi Mhamed Ben Bouziane, enterré avec certains de ses proches dans sa propre mosquée. Hommes, femmes et enfants défilent devant les cénotaphes en bois sculpté (darabiz, au singulier derbouz) dressés sur les sépultures des défunts. Dévotement, les quêteurs de baraka défilent toute la journée devant ses monuments funéraires souvent couverts de satin vert, touchent les tentures et y déposent de pieux baisers. Si les travaux de restaurations des constructions urbaines n'ont pas donné les résultats probants que leurs promoteurs souhaiteraient, fort heureusement, dans d'autres domaines, celui de l'art notamment, il y eut quelques réussites tangibles. Ainsi, l'on peut citer un renouveau certain dans le domaine des musiques traditionnelles et liturgiques, et aussi dans d'autres disciplines culturelles (bibliophilie par exemple). Le groupe musical « El Farda », après beaucoup d'efforts et de recherches, a pu sauver et remettre au goût du jour, une partie du répertoire de la musique classique kénadsienne, composé essentiellement de vieilles qassidat du cru et aussi celles communes à toutes les vieilles villes du Maghreb. Mais hélas, beaucoup de ces vieilles qassidat kénadsiennes ont été perdues à jamais. Ce groupe (El Farda), que les festivals de musique populaire ont fait connaître aux Algériens et au monde depuis quelques années, remporte succès sur succès et est aujourd'hui connu sur la quasi-totalité du territoire national et en dehors de nos frontières. Il a représenté le pays, dans plusieurs tournées à travers toute la France lors de « l'Année de l'Algérie en France ». Sur le chapitre des manifestations culturelles, il a représenté l'Algérie au Canada, au Maroc, en Libye, en Tunisie et dans diverses autres villes du Moyen-Orient et du monde. Autre particularité de ce groupe, il est capable de passer sur scène avec une faculté époustouflante d'un registre musical, d'un style à un autre : du classique maghrébo-kénadsien aux variétés les plus diverses tel le gnaoui, le issaoui, le saharaoui etc. Autrement dit, il excelle aussi dans les variétés, ceci avec des intermèdes animés de « taqtoqate » à subjuguer littéralement le public le plus exigeant.

Ce n'est pas un hasard si, cette année, ce sont les dirigeants du groupe «El Farda» qui ont été chargés par la ministre de la Culture Khalida Messaoudi, d'organiser le troisième Festival national de la Musique «Gnaoui» à Béchar. Donc, pendant plusieurs jours, des groupes venus des quatre coins du pays se sont produits sur la scène du cinéma « Le Municipal » de Béchar. Le Groupe «MEDJEBER» de Kénadsa a eu le premier prix. Nous voudrions signaler particulièrement la monter en puissance de ce groupe que l'avenir ne manquera pas de consacrer dans ce style. En effet, MEDJEBER, un artiste confirmé, qui est passé de la variété à un style « Gnaoui » qu'il a beaucoup « trituré » pour obtenir des compositions heureuses. D'ailleurs, il refuse cette appellation de « gnaoui » qui, dit-il, nous vient de l'étranger et lui préfère le « Diwane », à Kénadsa on dit aussi « Lembita ». Le mérite de MEDJEBER est d'avoir introduit dans ce style (Le Gnaoui) qui se joue sur l'échelle pentatonique, le limitant à cinq notes, des variations qui font appel à l'échelle heptatonique (sept notes) avec des gammes (makamat) arabes : cette osmose des genres donne une musique originale où tous les modes nationaux peuvent se retrouver harmonieusement.

LE PETIT MEDJEBER

Le «petit MEDJEBER» (Abdelhak) est ce gosse qui a surpris et ému l'Algérie entière et fait couler aussi beaucoup de larmes d'émotions « dans les vingt-deux pays arabes » (selon Mme Khalida Messaoudi), en déclamant un poème sur la tragédie du Liban dans une mise en scène grandiose, télévisée, de Farid Ouameur... C'était lors de l'ouverture de « l'Année d'Alger Capitale de la Culture Arabe» à la salle - coupole du complexe sportif Mohamed BOUDIAF à Alger. Chez les MEDJEBER, la musique relève d'un atavisme qui se transmet de génération en génération. Le grand père de l'artiste actuel qui s'appelait aussi MEDJEBER était le Maître incontesté du «Diwane de Kénadsa ». Notre artiste a donc de qui tenir. Enseignant de son état, il travaille la musique avec ces deux jeunes enfants Abdelhak (15 ans) et Abdelaati (20 ans) et s'adonnent à des créations et arrangements stupéfiants. La transmission de l'héritage ancestral est garantie.

UNE JEUNESSE EN EFFERVESCENCE

Des jeunes, animés de bonne volonté, s'échinent ainsi à souffler sur une braise que recouvre l'épaisse cendre du temps, afin de faire rejaillir la flamme d'un riche patrimoine qui ne finit pas de dépérir : ce défi est en train d'être relevé. En effet, la jeunesse ne doit-elle pas, non seulement assimiler tout ce qu'a créé la vieille culture, mais élever la culture à une hauteur nouvelle, inaccessible aux gens de la vieille société ? La culture ne peut être ce mimétisme répétitif « des anciens » mais chaque fois, un nouveau point de départ d'une nouvelle aventure humaine qu'anime le génie créatif.

Tous ces efforts méritoires ne gagneraient-ils pas d'être sérieusement encouragés non seulement par les pouvoirs publics et la société civile, mais aussi par tous les «Amis de Kénadsa» : il s'agit d'un patrimoine national en péril.

LES «SALEFS»


Cette ville a donné le jour à des écrivains, voire à des penseurs contemporains de grand renom aujourd'hui. Et là, nous pensons particulièrement à Pierre RABHI, auteur de plusieurs livres sur l'agriculture «bio» et qui passe pour être le père de «l'agro-écologie». Il est l'inventeur du concept «Oasis en tous lieux» et le concepteur de nouvelles techniques agricoles qui sont expérimentées dans le monde entier, notamment dans les pays en développement et aussi dans des pays européens.

Il est classé parmi les « maîtres à penser » les plus importants de ce temps, qui réfléchissent au salut de l'Humanité toute entière.

Connu pour ses farouches positions de défense de la nature, il a été candidat sur ce registre à la magistrature suprême en France en 2002, contre Chirac. Il est également auteur de romans et bien d'autres oeuvres traduites en plusieurs langues.

Il y a également Mohamed MOULSEHOUL (Yasmina Khadra), qui a griffonné il y a quelque temps, sur un vieux registre d'un petit musée local ces quelques mots «Kénadsa tu m'as oublié». C'est très touchant, mais apparemment, on oserait à peine penser à celui qui semble avoir oublié l'autre et qui ne serait pas, précisément, celui auquel on pense ?

Sont également natifs de Kénadsa d'autres écrivains et journalistes, aussi bien d'expression arabophone que francophone. Parmi ces derniers, l'on peut encore citer Rabah SBA anthropologue, journaliste et écrivain, Malika MOKADEM, néphrologue et romancière dont la notoriété n'est plus à faire.

Et bien d'autres qui nous excuseraient de ne pouvoir les citer tous surtout ceux qui écrivent en arabe qui sont beaucoup plus nombreux, poètes, écrivains, dramaturges et journalistes...

Robert LAMOUREUX a travaillé dans les mines de charbon de Kénadsa dans les années quarante : il avait fait connaître dans une vieille chanson, le fameux « train du désert », qui emmenait les hommes et le minerai noir de Kénadsa jusqu'à la Méditerranée. Quant à Isabelle EBERARHT, elle y passa un long séjour à la fin du 19ème siècle. Faut-il croire que la douceur des jardins ombragés de la palmeraie kénadsienne et « la recherche de l'absolu » aient inspiré à cette aventurière, son fameux livre intitulé «dans l'ombre chaude de l'Islam» qui a fait sa réputation ? Enfin, on ne peut désormais évoquer Isabelle EBERARHT sans citer le nom de Mohamed ROCHD KEMPF, un Algérien d'origine alsacienne, certainement un des meilleurs spécialistes de l'écrivaine et écrivain lui-même. Il s'est converti jeune à l'Islam à Kénadsa où il a enseigné et passé une bonne partie de sa vie.

UNE «BIBLIOTHEQUE - MEMOIRE »


Dire d'une bibliothèque qu'elle est « mémoire » est un pléonasme, le livre étant « mémoire » par excellence. L'homme, « turlupiné » par l'idée de la mort, a de tout temps essayé de marquer son passage sur terre, façon de « s'immortaliser », par diverses créations laissées à la postérité. Les gravures rupestres et autres peintures dans les grottes, les monuments funéraires de la préhistoire ont marqué la naissance de l'art et partant de la culture. Lorsque l'homme a découvert l'écriture, il est passé à un stade supérieur de son existence : l'écrit a, dès lors, primé le symbolique. Il est devenu alors possible de cumuler le savoir humain de façon illimitée de génération en génération. Les grandes civilisations sont nées. A partir de l'écrit. TAHIRI Mbarek a réalisé un inestimable travail de fourni. De la maison de ses ancêtres il a fait non pas une bibliothèque originale, mais une bibliothèque qui se veut la mémoire d'un ksar, d'une société, d'une certaine culture, d'un groupe humain, d'une ville : Kénadsa. Une sorte de musée du vieux manuscrit local et d'un ensemble de reliques inhérentes à un monde disparu ou en voie de l'être. Il s'agit aussi « d'un centre de traductions et de recherches », où se côtoient le moderne et l'ancien, où le micro-ordinateur coudoie la traditionnelle planche coranique...

En fait, par des aménagements judicieux, la vieille et grande maison kénadsienne a été transformée en un mini complexe constitué par un enchevêtrement de salles et de couloirs anciens où la surprise et l'émerveillement attendent le visiteur à chaque tournant, à chaque porte qui s'ouvre devant lui. Des rayonnages offres à la vue quantité de manuscrits et de livres les plus divers, au voisinage d'objets insolites que rehausse le charme d'un décor d'une rusticité bien oasienne. Sidi Mbarek, jeune professeur de génie civil, a rassemblé en ce lieu historique, toutes ces merveilles que l'on peut voir, consulter, enrichir par d'autres apports. Sur les murs on peut voir les portraits et photos des imams, oulémas et personnalités qu'a comptés Kénadsa depuis que l'art de la photographie existe. Une grande salle centrale, recouverte de tapis, invite au recueillement et à la méditation. L'association « ELKENDOUSSIA pour la sauvegarde du patrimoine » y organise des conférences-débats mensuelles animées par des universitaires du cru. On y échange idées et opinions autour d'un verre de thé à la menthe, accompagné de cacahuètes grillées ou quelques friandises gracieusement offertes par le maître de céans.

2ème partie


Là où il y a de l’eau, il y a la vie. Le hasard de la géographie et du relief ont fait naître Kénadsa en un lieu où l’on s’attend le moins à trouver une ville. C’est bien en retrait du pied de l’Atlas saharien, à un endroit où celui-ci enjambe la frontière algéro-marocaine, précisément, dans le fameux triangle ouvert de «l’y grec» formé par les deux oueds du Guir et de la Zouzfana; ces deux cours d’eau miraculeux, qui ont donné naissance à la vallée de la Saoura, immense palmeraie qui s’étale sur des centaines de kilomètres, du «joyau» de la région qu’est l’oasis de TAGHIT jusqu’au TOUAT-GOURARA en longeant l’Erg occidental : un «boulevard» interminable de palmiers (cf. «BECHAR : la Saoura, la plaine du Guir ou l’illusion perdue d’une Californie algérienne»/ Abdallah AZIZI, le Q.O. des 3, 4 et 5 juin 2007).

A l’origine, c’était une petite oasis quelconque comme il y en a tant d’autres au Sahara, nées à la faveur d’une source vive ou d’un oued. Selon la tradition, elle portera plusieurs noms. L’avant-dernier est «La’wina» (la petite source), pour devenir définitivement, mais néanmoins il y a trois siècles : «El Kanaadissa» ou KENADSA (selon l’appellation française) ou «Laknadsa» dans le langage courant. Pourquoi ce changement de nom ? Cela s’est produit à un moment décisif de l’histoire de cette oasis. Mais, il n’y aura pas eu que cela : en changeant de nom, elle va aussi changer de «statut» de par les changements profonds qu’elle va subir non seulement sur le plan culturel mais surtout sur le plan socio-économique. En effet, au départ, rien ne destinait la petite localité d’origine à une telle brillance, si ce n’est le retour au pays de ses ancêtres, après de longues pérégrinations d’études et plusieurs pèlerinages à la Mecque, du Saint homme Sidi M’hamed Ben Bouziane. En effet, après être revenu dans sa famille, l’homme, précédé d’un charisme extraordinaire et doté d’une énergie débordante, va fonder sa zaouïa, devenue depuis la célèbre «ZIANIYA ASH-SHADHOULIA. La ville de Kénadsa va désormais se confondre avec sa zaouïa. L’essor fulgurant de cette institution va rejaillir sur la petite oasis de départ pour la transformer en un centre spirituel, culturel et économique incontournable.

Pourquoi le nom de «El Kanadissa» ? Plusieurs interprétations ont été données dont les deux plus plausibles sont les suivantes : dès lors que l’oasis était devenue un important lieu d’études coraniques et bien d’autres sciences religieuses, l’étudiant était désigné par le mot guendouz (un singulier, qui donne au pluriel : ganadiza). D’aucuns pensent que la nouvelle appellation de cette oasis aurait été tirée de ce pluriel, d’où «Elkanadissa. Néanmoins, une autre explication aussi crédible a été rapportée par Abderrahmane MOUSSAOUI , dans sa thèse «Espace, sacré et mémoire : la zianiya : une zâwiya saharienne» (p.3). A. MOUSSAOUI dit ceci: «Appuyant ses allégations par des références étymologiques puisées dans le monumental dictionnaire d’Az-Zoubaydi : Tâdj el-’arûs, M. MERZAK, quant à lui, estime vraisemblable que l’appellation «Kénadsa» soit en rapport avec la qualité de son illustre hôte, le saint Sidi M’hammed b. Bûziyan; car en arabe classique, constate-t-il, qandasa et taqandasa, veut dire faire acte de pénitence et par extension, épouser la voie du tasawwuf « (M. MERZAK, thèse p. 19 rapporté par MOUSSAOUI).

Quant à nous, c’est cette dernière interprétation qui emporte notre adhésion, d’autant plus que Sidi Mhamed s’est donné lui-même ce qualificatif d’EL QANDOUSSI.

Pour la compréhension des profonds bouleversements qui vont s’opérer dans le «chef-lieu» de la zaouïa zianiya, A. MOUSSAOUI, au paragraphe suivant, va nous donner un éclaircissement supplémentaire de l’importance que revêt ce patronyme. Il dit ceci : «En nous attardant de la sorte sur un toponyme, nous ne voulons pas sacrifier à un quelconque rituel, ni céder à un simple plaisir d’érudition, la question est importante parce qu’elle révèle le changement fondamental dans la «fonction urbaine» principale, comme on aurait dit aujourd’hui. En effet, de simple étape caravanière, Kénadsa devient, avec l’avènement de Sidi Mhamed b. Bûziyân, un foyer culturel structurant. A cette fonction principale, s’y adjoindront bientôt d’autres, économiques celles-là, pour faire du modeste ksar de départ, un centre relais incontournable. Ceci explique et justifie amplement l’usage de ce toponyme qui particularisera le ksar, le tirant de l’anonymat où le reléguait une appellation (La’wina) si commune dans ces régions». Ici, il y a lieu de noter la justesse des expressions essentielles « foyer culturel structurant » et sa corrélation « la fonction urbaine » principale qui vont caractériser le « développement » ascendant autant que fulgurant de l’oasis pour l’époque. Dans son évolution et contrairement à ce que l’on pourrait penser, Kénadsa ne bénéficie pas directement des «bienfaits» des deux grands oueds cités plus haut qui «arrosent» la région. Elle se trouve en effet loin à l’Est de la rive gauche du Haut Guir et à une vingtaine de kilomètres à l’Ouest de Béchar, l’actuelle métropole de la région. Mais, il est évident qu’elle a bénéficié, sur le plan socio-économique, d’une telle proximité. Intrinsèquement, le ksar de Kénadsa a pris naissance non pas sur une seule source «La’wina», dont il aurait tiré son éponyme originel, mais sur l’existence de plusieurs sources. Une trentaine. Dans sa thèse précitée, A. MOUSSAOUI a recensé quelques unes avec leurs noms d’origine, qui existent jusqu’à nos jours. Il y a : «Aïn Sidi M’barek aménagée en fontaine publique avec coupole, à mi-chemin entre le vieux ksar et la nouvelle ville, Aïn Dir, Aïn Cheikh, Aïn Oulad Bouazza, Aïn Sid El Hadj El Arbi, Tozzot, Laqbouna, Aïn Oulad Sid El Moufaq, Ayoun (Plusieurs) Oulad Sid El Houcine, Aïn Oulad Ba Moussa, Aïn B. Djilali, Aïn Laqadam Moussa et bien d’autres...

Toutes ces sources, qui ont «fait» Kénadsa, sortent du piémont d’une falaise appelée ici «Barga», composée de roches blanches (de la silice gréseuse) et de sable fin. Ce sable «couve» souvent sous sa masse mouvante ou dans sa proximité, des gisements d’une argile abondante et de bonne qualité, qui fut utilisée par les anciens kénadsiens pour construire leurs habitations et qui donne à leur ksar cette couleur rouge foncé tirant sur le grenat qui le caractérise si bien. En témoignent de nombreuses carrières sous forme de grottes d’où l’on extrayait cette précieuse argile. Une de ces grottes, phénoménale à plus d’un titre, est une énorme cavité dans le versant de la « Barga » invisible au regard de l’extérieur. Elle constitue une curiosité qui attire beaucoup de monde. On y accède par un simple orifice, pas plus grand qu’une porte ordinaire à hauteur d’homme. Cette grotte bizarre est dite «Karkab-Eçtali», «le bruiteur des seaux» (ici seau se dit au singulier çatl et au pluriel eçtaIi) ceci, certainement à cause du bruit que faisaient les seaux métalliques en s’entrechoquant à vide lors du transport de l’argile. A cette excavation insolite, les autochtones ont fini par lui trouver une fonction insoupçonnée : elle servait de dortoir aux gens pendant les grandes chaleurs. C’était au temps où le courant électrique et la climatisation étaient ignorés. Les hommes allaient y faire leur sieste pendant la canicule en amenant avec eux de quoi faire leurs lits et des couvertures. En effet, pendant l’été, quand il fait 45° à l’ombre, à l’intérieur de la grotte il y a une fraîcheur inattendue, à telle enseigne qu’il est nécessaire de se couvrir. Cette curiosité a inspiré des réalisateurs de cinéma qui y ont tourné plusieurs scènes de films dont un sur «Eçhab el Kehf» (les Dormeurs de la Caverne), histoire rapportée par le Saint Coran et relevant du fantastique.

Par ailleurs, il se trouve que la falaise susdite «El Barga» surplombant Kénadsa, est aussi ceinturée d’une couche de roche grise et bleue, carrière naturelle, dont ont été extraites toutes les pierres qui ont servi à la construction des fondations, des murs des maisons du Ksar et à la construction des ses fortifications. La roche blanche (qui a été aussi utilisée parfois dans la construction) a surtout servi à la fabrication de la chaux et du plâtre. Les fours, ayant servi à la production de ces matériaux, sont encore visibles aujourd’hui. Si l’homme a toujours puisé dans son milieu naturel ce dont il avait besoin pour son habitat, l’on peut dire qu’ici, la pierre bleue et grise en question a été utilisée de façon judicieuse voire heureuse. En effet, on peut encore admirer l’harmonie architecturale qui se dégage de certains édifices. Il en est ainsi de certains mausolées de saints, de mosquées et aussi de certains «palais» (dwiriyate) et maisons individuelles : il s’agirait d’un style arabo-islamique orignal qui rappelle à la fois l’architecture iranienne et hispano-arabe tout en gardant sa sobriété, son caractère et son charme oasiens. Quant au minaret de la mosquée de Sidi Mhamed, de forme hexaédrique et de couleur blanche, dépassant par sa hauteur toute la masse ocre grenat du ksar, il est du plus pur style almoravide.

LA BETISE HUMAINE


Malheureusement, la valeur architectonique inestimable de ces constructions est en train de se perdre à jamais et ce, non seulement du fait d’éléments naturels, mais aussi et surtout du fait de l’homme. Il y a l’ignorance, l’inconscience, les négligences et les prédations criminelles. Le ksar de Kénadsa appartient à l’humanité toute entière et est classé «monument historique». A ce titre, il doit faire l’objet d’une attention et d’une protection particulières.

Il arrive aussi, et c’est encore plus grave, que les atteintes à ce patrimoine commun soient le fait de décisions administratives irréfléchies à l’origine de dégâts hélas irréversibles : c’est le cas, par exemple, de la mosquée de Sid El Hadj, vieille de sept siècles, qui a été complètement refaite en béton. Les mausolées de Sidi Abderrahmane et de Lalla Oum Keltoum, construits avec de la belle pierre bleue nue, debout depuis des siècles, ont fait l’objet d’un crépissage au ciment et repeints à la chaux. Ils ont, dès lors, perdu et à jamais leur cachet primitif. N’est-ce pas un crime ? Il est certain que ces deux édifices étaient beaucoup plus beaux dans leur état original sans ce crépissage et cette peinture dont ils n’avaient nul besoin. Voici deux monuments historiques qui ont une existence plusieurs fois séculaire, précipités du jour au lendemain du singulier vers le banal, de la beauté intrinsèque vers une laideur des plus débiles et ce, par la bêtise de responsables « irresponsables ». Avions-nous besoin d’avoir de nouvelles «koubbas» blanches ou vertes supplémentaires quand celles-ci sont légions dans toute l’Afrique du Nord? C’est ainsi que nous avons perdu deux merveilleux joyaux, des oeuvres d’art aux proportions si parfaites, construites pourtant par des gens (ce qui est plus qu’admirable) qui n’avaient ni instruments de précision ni les moyens techniques d’aujourd’hui. S’il ne peut être exigé d’un «bureaucrate» d’avoir des connaissances en matière d’art, ni même simplement d’avoir du «bon goût» ou du discernement pour ce qui est de l’esthétique, il doit être cependant empêché de commettre l’irréparable. Aussi, il ne devrait jamais être permis de toucher à ce genre d’héritage patrimonial sans l’avis obligatoire de spécialistes confirmés dans le domaine.

UN KSAR ORIGINEL


Revenons à la conception même du ksar de Kénadsa. L’observateur avisé qui considère avec un tant soit peu d’attention la configuration et la topographie du terrain sur lequel a été édifié ce ksar, ne manquera pas d’être surpris par le génie ayant présidé à l’agencement et à l’emplacement des divers éléments constitutifs de cet ensemble. En effet, il y a d’une part la falaise « El Barga » qui marque les limites du plateau rocailleux d’Oum Sba, continuation de l’Atlas saharien. Au pied de la dite falaise, émergent toutes les sources d’eau à quelques encablures les unes des autres et qui sont les éléments fondateurs grâce auxquels a pu être bâtie la ville. A partir de la falaise, le terrain repart avec une légère et constante inclinaison qui va se perdre à l’infini dans le sens nord-sud : c’est au début de cette pente douce presque au pied de la falaise qu’a été construit le ksar.

Puis, toujours dans le sens de la pente et immédiatement après le ksar, viennent les jardins qui constituent la palmeraie de Kénadsa. Il paraît évident que c’est la présence de ces sources et la configuration du terrain qui ont décidé les premiers venus à s’installer à cet endroit précis.

En effet, l’eau d’une source donnée est d’abord acheminée par gravitation à l’aide d’un canal souterrain jusqu’à la maison du propriétaire de la source. La maison n’est pas bien loin généralement. Quand elle arrive dans la maison, l’eau est presque à fleur de sol. A l’intérieur, le canal continue son chemin soit à ciel ouvert soit en souterrain jusqu’au patio central de la maison. Là, le précieux liquide est recueilli dans un petit bassin aménagé à cet effet. Ce bassin sert à stocker - toujours en permanence - une certaine quantité d’eau pour l’usage domestique et cultuel de la famille. L’eau est ainsi disponible à tout moment de la journée ou de la nuit. Cependant, le surplus d’eau, qui se déverse en permanence dans le dit bassin par un système de dénivelée, est acheminé à l’aide d’un autre canal vers l’extérieur de la maison et ce, toujours par gravitation. Au sortir de la maison, l’eau est souvent recueillie immédiatement dans un autre grand bassin à l’air libre (Sarij ou Sahrij ou majen) qui se trouve, comme de juste, dans le jardin du propriétaire. Plus le propriétaire est aisé, plus l’étendue de son jardin de « plaisance » et de cultures vivrières est grande. Les jardins s’étendent dans la continuité de l’inclination du terrain. Ainsi, l’arrosage se fait toujours par gravitation de l’eau coulant dans le sens de la pente naturelle, avec des aménagements qui permettent un arrosage complet du jardin. Par ce système ingénieux, il n’y a donc besoin ni de pompe ni d’un quelconque mécanisme pour puiser l’eau : il suffit de bien l’orienter. Ainsi, les gens avaient «l’eau courante» (dans le vrai sens du mot) et dans le figuré et ce, depuis des siècles. En outre, ils disposaient de leurs jardins à proximité de leurs demeures. Faut-il croire qu’il faisait indubitablement bon vivre dans ces jardins ombragés, denses et humides, dans une contrée où la sécheresse et le soleil sont en période de canicule, d’une cruauté à peine supportable. Et l’on ne peut que comprendre Isabelle EBERRARDT, d’avoir été « ensorcelée » autant qu’inspirée par ce coin de paradis terrestre, pour écrire « Dans l’ombre chaude de l’Islam ».

Une source peut appartenir à une seule famille où à plusieurs propriétaires (cas d’héritage et/ou en propriétés successorales indivises). En fait, ces sources sont souvent la propriété des seules grandes familles de Kénadsa, les premières installées sur le site. Lorsque la source appartient à une seule famille, l’eau arrive dans la maison de cette famille, puis dans ses jardins comme décrit plus haut. Pour ceux qui possèdent en commun une ou plusieurs sources, le principe de distribution se pratique par un système de «vannes», placé en amont au sortir de la source, qui permet un partage équitable selon un temps d’heures d’écoulement de l’eau : il s’agit de trous que l’on ferme ou que l’on ouvre à des heures de la journée ou de la nuit, selon des normes convenues un peu comme dans le système des foggaras du Touat et du Gourara.

Les mosquées bénéficient aussi, sous forme de bien houbous, de ce système et reçoivent leur part d’eau (en termes de temps d’écoulement). C’est le cas de la mosquée de Sid El hadj laquelle, jusqu’au jour d’aujourd’hui, partage l’eau de Aïn Dir avec une famille et un jardin appelé Tlat. Le ksar était évidemment fortifié. Des pans du mur d’enceinte sont encore visibles par endroits. Comme cela se faisait dans toutes les casbahs fortifiées des villes d’Afrique du Nord, les portes étaient fermées à la tombée de la nuit et ouvertes à l’aube. Aujourd’hui, seule la porte dite «Bab Essouk» subsiste encore. Cependant, les gens de Kénadsa ne semblent pas avoir gardé en mémoire une quelconque peur de pillards ou d’attaque extérieure, la ville ayant toujours été respectée du fait du Saint homme Sidi M’Hamed et avant lui de son aïeul Sid El Hadj Ben Ahmed. Donc, le mur d’enceinte de la ville n’est que la marque de la limite qu’exige El horm islamique et une protection contre les bêtes sauvages. A suivre



* Anthropologue - Université d’Aix-en-Provence


3ème partie


«De toutes les confréries religieuses musulmanes qui se sont trouvées en contact avec les autorités françaises sur la frontière algéro-marocaine, la plus importante sans contredit, est celle de Sidi El Hadj M'hamed ben Bou Zian, connue sous le nom de confrérie des Ziyania».

Le fondateur de cette zaouïa, le cheikh susdit, est né à TAGHIT probablement vers 1062 h / 1651, dans le Ksar de Barrbi, au « pays » dit des « BENI GOUMI » dont sa mère était issue. Donc, comme le fait si bien remarquer A. MOUSSAOUI dans sa thèse citée supra (p.38), notre saint n'est pas originaire du DRAA comme se plaisent à le noter beaucoup d'auteurs mais bien de Kénadsa où vivait toute sa famille. Il perdit sa mère très jeune.

Son père s'étant remarié, sa marâtre ne fut pas tendre pour lui. Il mena une enfance difficile et solitaire. En fait, peu de temps après la mort de sa mère, il perdit aussi son père. Il ne pouvait certainement plus vivre avec sa marâtre.

Aussi, à peine pubère, il ira au ksar de ses ancêtres, c'est-à-dire à La'wina qui deviendra plus tard Kénadsa sous sa méchiakha (c'est-à-dire sous sa direction en tant que cheikh de sa propre zaouïa).

La tradition nous dit que « poussé par un appel mystérieux, il quitta son pays pour aller apprendre le Coran et s'adonner à l'étude ». Un de ses oncles paternels lui donna un peu d'argent pour le voyage en monnaie de l'époque (quelques mouzounat rachidia). Muni d'un maigre viatique, il partit pour le Tafilalet, plus exactement à Sijimassa, qui était à ce moment un brillant centre culturel. Là, il se retirera auprès d'un cheikh (maître) de grande réputation, qui l'accueillit et le protégea. Il s'agit du cheikh SIDI EMBAREK BEN AZZI. Auprès de celui-ci, le jeune M'hammed étudiera le Coran et toutes « les sciences » enseignées dans la médersa de son maître. Il ne tarda pas à devenir un brillant savant et un exégète hors pair du Saint Coran. La tradition nous dit encore qu'à ce niveau, il ne tardera pas à « obtenir l'illumination divine en même temps qu'il acquérait de solides connaissances dans les sciences religieuses et mystiques».

Puis il s'établira dans un des ksour de Sijilmassa, le ksar des Oulad Berdala « où il vécut de charité car sa famille ne lui envoyait absolument rien pour subvenir à ses besoins ». Sa manière de vivre, sa frugalité, son habillement (il était déjà en plein dans la tourmente du mysticisme soufi), sa dévotion, son ascétisme ont fait de lui le disciple préféré du Cheikh Sidi MBAREK BEN AZZI.

Au crépuscule de sa vie, le vénérable cheikh MBAREK fera des recommandations à sa famille et à ses disciples, pour qu'à sa mort, ses dernières ablutions et sa sépulture soient confiées à Sidi M'hamed. Par ces recommandations importantes, tout le monde aura compris que l'héritage spirituel de Sidi MBAREK BEN AZZI revenait désormais à Sidi M'hamed Ben Bouziane et, qu'à ce titre, l'élu possédait déjà ipso facto le sirr (le secret mystique) de son maître. Sidi MBAREK BEN AZZI appartenait à la Tariqa Ech-chadhoulia (voie mystique de Ech-chadhouli) : selon ladite tariqa, le sirr s'est transmis selon une chaîne précise et dans l'ordre chronologique, de l'Ange Gabriel au Prophète (QSSL), à Ali ben Abi Taleb, à Hassen El Basri, ainsi de suite. Dans cette selsela (chaîne), Sidi MBAREK était le 36ème cheikh. En transmettant le sirr à son disciple Sidi M'hamed B. BOUZIANE, celui-ci devient donc le 37ème cheikh de la chaîne.

Sidi MBAREK BEN AZZI étant mort, Sidi M'HAMMED B. ABI ZIYAN va accomplir sa mission funèbre à la lettre et même un peu plus. Après avoir lavé le corps du mort nous dit-on, il l'ensevelit lui-même dans le linceul. Après quoi, il but une partie de l'eau qui a servi à laver le corps du maître : ceci « pour imprégner sa propre chair des vertus de la baraka de la chair du défunt, comme le « sirr » de celui-ci avait imprégné son âme ». Puis, suivant les recommandations du disparu, il partit pour Fez afin d'approfondir son savoir religieux. C'est ainsi qu'il va se retrouver à la Medersa de Sidi MESBAH. Il fréquentera également la célèbre université des Qaraouiyine. Il recevra les enseignements des grands maîtres de son temps. Il va acquérir l'estime de tout le monde et se faire beaucoup d'amis parmi les enseignants les plus prestigieux. Avec certains d'entre eux, il gardera, pendant longtemps, des relations épistolaires assidues. Mais, dans ses rapports au quotidien, il aimait fréquenter surtout les humbles avec qui il lisait le Saint Coran et s'adonnait au dikr (les prières des soufis). Mais la ville bourgeoise de Fez ne correspondait pas à l'humilité du saint homme, d'autant plus que, nous disent ses hagiographes, « ses miracles et sa réputation qui ne finissaient de se propager, commençaient à faire ombrage au prince régnant à Fez, qui le lui fera sentir. Alors commencera pour lui une série de désagréables infortunes qu'il aura du mal à vivre. On l'accusa notamment de magie ». Aussi, décida-il de rentrer chez lui, à « La'wina » (la future Kénadsa).

Au pays de ses parents, sa réputation de saint homme l'avait déjà précédée. « Ce fut à ce moment que Dieu lui permit d'atteindre l'état suprême des Soufis. Les gens arrivèrent en foule de toutes parts, « de l'Orient et de l'Occident » pour solliciter sa bénédiction et ses bienfaits. Dans ces circonstances, il eut l'occasion d'accomplir de nombreux prodiges et ne tarda pas à être considéré comme un des personnages les plus considérables de son époque. Sa réputation de « pôle des Soufis » (qotb) était bien établie chez ses contemporains... » (A. COUR cf. supra).

Il se maria avec Lalla Oum Koultoum qui fut, pour lui, non seulement l'épouse idoine, ce modèle de vertu et de droiture, mais aussi son principal second dans l'entreprise de mise en place de la nouvelle institution : la zaouïa. Cette femme, avec qui il vécut vingt-cinq ans environ, lui donnera quatre garçons et cinq filles. L'établissement se consolidait. Sur le plan urbanistique, le ksar originel de l'oasis, la casbah, va connaître un prolongement dans le sens Ouest - Est. En effet, en continuation de cette casbah, Sidi M'hamed va construire sa propre mosquée, sa maison et sa « Khaloua », la demeure où il se livra à ses retraites spirituelles en solitaire. Désormais, l'ensemble des activités de la zaouïa va s'opérer dans cette zone, au détriment de celle constituée par la vieille mosquée de Sid El Hadj, un de ses ancêtres. Cependant, il prendra soin de rénover cette vieille mosquée qui sera la mosquée de la prière du Vendredi, le Jamaa el atiq. Néanmoins, tout le « mouvement urbanistique » du ksar va s'effectuer à partir de la nouvelle mosquée. Le ksar s'agrandit inexorablement. Il y aura un afflux de nouveaux habitants. Ces derniers vont être désignés par le vocable de « L'ffaga » c'est-à-dire « les gens d'en haut » pour ceux qui habitent la zone la plus ancienne, vont être appelés « T'hata » (les gens d'en bas). Les extensions urbanistiques et architecturales successives et spontanées vont se faire dans le sens indiqué précédemment et ce, en parallèle à la falaise de la « barga », mais dont le noyau central demeurera la nouvelle mosquée de la zaouïa naissante. Donc, aux maisons des familles kénadsiennes de vieille souches (d'en bas et d'en haut) viendront « s'accoler » les maisons des nouveaux venus que les kénadsiens « d'origine » appelleront humoristiquement et un peu par dérision les « béni malmoum » (les gens qui se sont assemblés, sous-entendu « autour d'eux »).

DE LA SAINTETE


Ne devient pas « un saint » qui veut. Selon la tradition, l'homme éligible à la sainteté doit posséder des prédispositions et des qualités supérieures, exceptionnelles et manifestes qui le différencient de ses congénères. Ces prédispositions se manifesteraient très tôt dans la vie du saint et ce, par des signes extérieurs prémonitoires remarquables dans le comportement et dans l'intelligence de l'homme, des qualités analogues à celles des prophètes. D'aucuns ajouteraient d'autres vertus, aptitudes et valeurs que seuls les soufis savent développer. Bien évidemment, le milieu d'extraction du saint, souvent nobiliaire et une ascendance qui le ferait remonter jusqu'au Prophète (QSSL) est un plus dans l'illumination de son aura qui associerait « Le Sharaf et la Sainteté ». Celle-ci ne se révélerait pas uniquement par la science ésotérique et exotérique (ilm el baatine oua ilm ed-dhahir) de l'homme, son ascétisme, les bienfaits et la baraka qu'il répand autour de lui, mais par les prodiges et autres miracles dont il se rend capable devant des difficultés exigeant une solution urgente, voire, face à des épreuves périlleuses. La vie de Sidi M'hamed aurait été jalonnée de ses prodiges, nous disent ses bio-hagiographes. Nous pourrions citer ceux des plus saillants que les dits hagiographes se plaisent à souligner. Ainsi, par exemple, pour la période où le saint était encore étudiant à Fez, pauvre et désargenté, il aurait fait couler à partir de son calame (plume de roseau) de l'huile pour l'éclairage et qui servait aussi à payer ses études: il fut accusé de magie (voir supra). Mais c'est à Kénadsa, après l'établissement de sa zaouïa où affluaient des foules de pieux visiteurs que les miracles du saint homme vont se multiplier. A. COUR nous donne une série de ces miracles page 374 et suivantes de la Revue du Monde musulman de novembre 1910, faisant référence au fameux manuscrit de « Taharat Al Anfas ouel Arrouah Al Djesmania fi ettariqa azziyania Ach-chadhoulia» : La purification des esprits et des pensées charnelles dans la voie de la confrérie des Ziyania-Ach-chadhoulia. Ainsi, notre saint aurait guéri un cul-de-jatte venu en ziara (quête de bienfaits et de bénédictions) auprès de lui. Il rendit l'ouïe à un sourd et fit parler un muet. Cela rappelle beaucoup les vertus prophétiques. Sidi M'Hammed aurait été souverainement puissant surtout contre les pillards, les bandits et autres coupeurs de route.

A. MOUSSAOUI qui abonde dans ce sens, nous dit, rappelant les écrits hagiographiques : « Sa puissance s'est surtout manifestée dans la réparation des torts. Depuis son lointain ksar saharien, il a veillé sur tous ceux qui l'ont imploré. Qu'ils soient en route vers la zaouïa ou établis à Kénadsa et ses alentours; qu'ils soient à Tlemcen, Fès, Meknès ou même du Caire, d'Espagne ou de La Mecque, BEN BOUZIYAN était là auprès d'eux quand ils l'invoquaient...

Les distances importaient peu à ce saint qui pouvait faire traverser à son disciple Abdallah At-Twaty, la distance du Caire à la Mecque en une heure ou faire voyager un autre disciple, Alhadj Ali El Qortobi, de Tlemcen à la Mecque, de Médine au Caire ou d'une Île vers Kénadsa en un moins de temps qu'il faut pour le dire. Tous ses miracles montrent le saint comme un souverain, dominant un espace où il fait la pluie et le beau temps, au sens propre comme au figuré ». (Thèse précitée p. 44).

Evidemment, nous sommes en plein dans l'extraordinaire. Quand bien même que ce don d'ubiquité qui permet à notre saint d'être partout en même temps, ici et ailleurs, à des distances inimaginables, en train de secourir des caravaniers en danger de mort, ou de faire traverser des distances époustouflantes « entre l'Occident et l'Orient » à des pèlerins en difficulté, ne relèverait que de la légende, force est de constater que cette puissance dissuasive prodigieuse avait doté la zaouïa de Kénadsa d'un pouvoir fabuleux qui assurera la protection de la ville et des caravanes. C'est ce qui assoira pour longtemps la réputation de la puissante institution politico-religieuse.

A telle enseigne que les chroniqueurs coloniaux vont qualifier cette zaouïa de: «Compagnie d'Assurance de Voyages».

En fait, ce serait plus que cela : nous assistons à la naissance d'un véritable «petit Etat» qui va faire date et dont ses puissants voisins vont en tenir compte et le solliciter dans leurs affaires. A suivre



A. COUR. Revue du Monde Musulman.

4ème ANNEE Novembre 1910. N° 10

Sur le mot « sirr » qui peut être traduit aussi par « dons mystiques » cf. IBN KHALDOUN, Prolégomènes III.

A. COUR Revue du Monde musulman

4ème ANNEE 1910 NOVEMBRE N° 11

Il aurait fait couler de l'huile de son calame (plume de roseau).


4ème partie


Pour une meilleure compréhension de cette période, il est peut-être nécessaire d'avoir une vison claire sur le contexte géopolitique voire administratif de la région à cette époque (fin du 16ème s. début du 17ème). Les voisins les plus puissants qui jouxtaient le « territoire » de Kénadsa étaient sans conteste, d'une part, au nord-est, la Régence Ottomane d'Alger dont le pouvoir s'exerçait sur le nord de l'Algérie et de la Tunisie et d'autre part, au nord-ouest, le Royaume du Maroc sous la monarchie alaouite, (le Sultan Moulay ISMAIL, était un contemporain de Sidi MHAMMED BEN BOUZIANE). Comme à l'époque, il n'y avait pas les frontières d'aujourd'hui, l'étendue territoriale d'un pays donné était limitée par les endroits où s'exerçait réellement son pouvoir, c'est-à-dire sur les villes, les villages et autres agglomérations qu'il pouvait diriger, administrer et contrôler à partir de sa capitale. Donc, il s'agissait d'un espace sociopolitique à géométrie variable, obéissant aux vicissitudes des guerres et des arrangements qui en résultaient.

Pour les dirigeants de la Régence ottomane, dont les activités étaient surtout tournées vers la mer, ces régions désertiques étaient trop éloignées, difficiles d'accès et présentaient de surcroît, trop de risques pour pouvoir les intéresser, d'autant plus que ces « gouverneurs » (Deys et autres Beys) devaient considérer « qu'il n'y avait pas grand-chose « à gratter » en ces contrées et que donc le jeu ne valait pas la chandelle ». Par contre, pour le Maroc qui tournait un peu le dos à la mer, le problème était différent puisque ce pays entretenait des rapports commerciaux assidus avec le « Soudan » et que par conséquent, ses caravanes devaient obligatoirement traverser les grands espaces désertiques. La zaouïa de Kénadsa (« état » indépendant) allait devenir pour ce pays une aubaine et un atout inespéré pour ses affaires commerciales et mêmes administratives. C'est là que ce rôle kénadsien de « Compagnie d'Assurance de Transports Internationale » va avoir toute sa signification. Nous verrons comment.

Au Maroc, l'Etat est appelé, encore de nos jours, du vocable de « Makhzen», ce qui est un peu l'équivalent chez nous de l'ex et défunt mot «Beylek». Comme cité plus haut, pour l'époque, la souveraineté du Sultan s'exerçait là où le « Makhzen » avait un réel pouvoir : ce territoire s'appelait « Ard El Makhzen » (la terre ou territoire du makhzen). Autrement dit, là où existait un semblant d'administration locale dépendant d'un pouvoir central (Le Sultan). Au-delà de cette limite, c'était « Ard Siba » c'est-à-dire des territoires sans maîtres, en quelque sorte des territoires « en déshérence » où ne s'exerce aucun pouvoir, cela portait aussi le nom de « Ard El Khaouf », (terre de la peur), ou « Ard El Harb », (terre de la guerre) c'est-à-dire, là où les conflits armés sont possibles à tout moment.

Sur ces territoires dits « ard siba » ou « Ard el Khaouf », le Maroc puissance avoisinante n'avait aucun pouvoir. D'ailleurs, à ce titre et soit dit en passant, on se demande par quelle alchimie abracadabrantesque, des partis politiques marocains revendiquent aujourd'hui certaines de ces régions notamment Kénadsa, Béchar, le Touat - Gourara etc. alors que ces régions à ces époques lointaines, n'appartenaient qu'à elles-mêmes, c'était pour les Marocains « ard siba ». Consacrées algériennes par la Révolution de Novembre et par le Droit international, elles sont donc à jamais et officiellement algériennes. Néanmoins, nous continuerons à les désigner par « ard elkhaouf » pour l'époque de « l'institutionnalisation » de la zaouïa de Kénadsa, établissement politico-religieux (vers 1700). Mais ces territoires n'étaient ni inhabités, ni vides et encore moins en déshérence. Loin s'en faut. En effet, ces territoires étaient « occupés » par certaines tribus nomades (nous verrons lesquelles) qui se considéraient chez elles. Elles exerçaient leurs propres lois et n'étaient soumises à aucun pouvoir d'aucune sorte, sauf celui plutôt moral de leurs chefs respectifs. Elles avaient aussi des égards, du respect envers les cheikhs des zaouïas (Kénadsa, Kerzaz). C'est un peu le même schéma que l'on retrouverait dans beaucoup de régions du Maghreb de cette époque. Et c'est peut-être ce qui poussa De Gaule à dire qu'ils (les Français) « ont trouvé une mosaïque de tribus ». Avec les habitants sédentaires des oasis (des paysans pour la plus part), ces tribus avaient généralement des rapports étroits de « clientélisme » qui consistaient en des clauses de protection contre les dangers extérieurs (razzias notamment). Pour cette protection, les oasiens devaient payer un « tribut » à leurs protecteurs dont le montant était fixé d'avance. Mais ces tribus « guerrières », quand elles ne se faisaient pas la guerre, vivaient relativement en paix selon des conventions et des codes tribaux dont les transgressions étaient des cas de « casus belli » à l'origine de conflits souvent meurtriers. Pour vivre en paix, et en l'absence de toutes structures étatiques, il fallait à ces tribus, qu'elles délimitent elles-mêmes les règles de vie applicables à tout le monde et déterminer avec précision les territoires sur lesquels chacune d'elles était en droit d'évoluer. En fait, ce fut une organisation de survit qui consistait en une adaptation culturelle d'abord au rigueur du climat et à une adoption d'une économie propre au désert. Trois espaces vitaux entraient pris en considération : d'une part, les oasis qui assuraient les subsistances en produits agricoles. Les oasis sont en effet des agglomérations humaines fixes, où tout un chacun avait le droit de posséder un où plusieurs biens à titre individuel (bien Melk) en matière de foncier ou autres, d'autre part, les zones de pacage ou terrains de parcours où l'on faisait paître les bêtes, associées à des zones d'épandage des oueds sur lesquels se pratiquait une agriculture saisonnière de céréales surtout : ces terres d'épandages des crues d'oueds étaient considérées comme des biens « Arch » et avaient donc un caractère de biens indivis. A la naissance de Kénadsa, qui va devenir un « ksar phare » dans la région Béchar - Saoura, les principales tribus nomades qui évoluaient sur cette aire géographique sont au nombre de quatre. Les Ouled Djérir qui vivaient (et y vivent encore) à Béchar pour la majorité, avaient leurs zones de pacage au nord de Béchar (Oum Chegag), à l'est, à Ben Zireg vers Béni-Ounif, à Oued Ennamous et à Zouzfana. Ils pratiquaient également la transhumance sur le Djebel Grouz (nord-est de Béchar). Ils avaient leurs zones céréalières sur les épandages de Oued Zouzfana. Au sud-ouest de Béchar, vivait la tribu des Doui Ménia, de loin la plus importante tribu en nombre. Les membres de cette tribu ont pour « capitale » traditionnelle Abadla où bon nombre vit toujours. Ils avaient pour zone de pacage toute la vallée du Guir, où ils pratiquaient également l'agriculture des céréales sur les abords de cet oued que nous avons vu très important. Mais les zones géographiques « économiques » et de « déplacement » des Doui Ménia sont loin de se limiter aux seules zones que nous venons de citer. On peut dire qu'ils n'avaient pratiquement aucune de limites précises dans leur espace d'évolution. On les retrouvent d'ailleurs majoritaires à Kénadsa où le Arch des Ouled Bel Guiz a fait souche de vieille date. Ils avaient des rapports commerciaux et des échanges étroits avec les métropoles sahariennes de l'époque. Ils allaient commercer très loin vers l'Ouest au pays des Réguibat, l'actuel Sahara occidental, et aussi avec le sud du Maroc, surtout avec le Tafilalet. Pour mettre en exergue l'importance de leur nombre, les Doui Menia se définissent par cette formule numérique obscure : « nous sommes 5 X 5 et le 1/6ème c'est Ouled Djérir ». Entendent-ils par là qu'ils sont 5 archs que multiplient 5 soit au total 25 archs et que les Ouled Djérir ne représenteraient que le 1/6 de 25 ?

Si ces informations ont quelques intérêts, elles nous donnent au moins une idée de la composante humaine de la région, à la proximité immédiate de la zaouïa naissante de Kénadsa, car ces tribus vont être à la fois ses approvisionneurs, ses défenseurs et son « bras séculier » à l'occasion. Les Doui Ménia et les Ouled Djérir, malgré les disproportions de leurs nombres, ont toujours vécu en parfaite intelligence et entretenu des rapports de bon voisinage, de fraternité, voire d'alliance par la voie des mariages. En fait, ils avaient conclu de tout temps un pacte confédératif d'auto-défense. Et on peut dire que, de mémoire d'homme, jamais il n'y eut de guerre entre eux. Néanmoins, une quelque opinion tenace leur prête « certaines rivalités traditionnelles » souvent exagérées, voire malveillantes. Plus tard, pour faire face à la colonisation, ces deux tribus vont conclure le fameux pacte donnant naissance à la confédération dite « ZEGHDOU » du nom d'un petit ksar près du Draa, en territoire algérien où ce pacte fut conclu, et ce, avec une troisième tribu celle des Béni-Guil, que l'on dit aussi importants en nombre que celles des Doui Menia. Les Béni-Guil vivent sur les confins de l'Atlas saharien. Ainsi, au hasard du tracé de la frontière algéro-marocaine, ils se sont retrouvés du côté marocain et sont donc devenus marocains. Peut-être que si leur avis avait été sollicité, ils seraient actuellement algériens ! La quatrième tribu qui nous intéresse est celle des Renanma ou Ghenanma. Les Ghannamis ont toujours vécu dans la vallée de la Saoura à partir de Béni-Abbès jusqu'à Talmine à la frontière de l'actuelle wilaya d'Adrar. Ils auraient eu pour capitale traditionnelle El-Ouata, entre Béni-Abbès et Kerzaz.

La ville de Kénadsa va exercer un pouvoir spirituel et moral sans partage sur ces grands espaces. Le développement du commerce caravanier dans le sens nord-sud et sud-nord, va permettre à la ville de prendre de l'extension et vivre une prospérité inégalée dans le Sahara de l'ouest. Le Cheikh de la zaouïa va exercer petit à petit un pouvoir bicéphale : spirituel et civil. Quoique ne possédant pas d'armée, le puissant pouvoir « de malédiction » de la zaouïa était très craint par les écumeurs de routes, qui pouvaient être « atteints dans leur chair, dans leurs biens, dans leurs familles et leurs enfants là où ils se trouvent, s'ils osaient s'attaquer à une caravane accompagnée par un guide de la zaouïa, qui souvent était porteur d'un sauf-conduit portant le sceau du Cheikh. Donc la bienfaisance de la baraka du Cheikh Sidi Mhamed Ben Bouziane était recherchée et sollicitée. Par contre, sa malédiction et le pouvoir de ses imprécations étaient très craints et exerçaient un pouvoir dissuasif et de l'effroi. Ce pouvoir-là, remplaçait toutes les armées du monde. Petit à petit, le Cheikh de Kénadsa était devenu « un prince régnant » et ce, subrepticement, sommes-nous tentés de dire. Le pouvoir théologique était doublé désormais d'un pouvoir séculier. Ce qui, d'ailleurs, était inévitable dans la mesure où la ville avait une population importante qui exigeait une certaine gestion. Les habitants de Kénadsa, devenus « sujets », se sont habitués naturellement au pouvoir de leur cheikh qui prendra le titre de « SAYED » (Seigneur) : un protocole des réceptions fut institué, une organisation des festivités publiques aussi. On institua le cérémonial de la « JALALA ». Ce cérémonial consistait à chaque apparition publique du SAYED de l'accompagner par un coeur répétant à haute voie la formule : « Allah al Aziz ya Rabbi » (Dieu le Bien-aimé ô Monseigneur). On ne pouvait plus s'approcher normalement « du prince » sans une raison très valable. Il faut se faire annoncer et attendre d'être reçu en ayant de bons motifs pour l'entrevue. Sur le plan de la vie civile, le Cheikh administrait la cité. Un pouvoir judiciaire est instauré. Le Sayed rendait la justice à travers les cadis qu'il nommait officiellement et faisait exécuter les sentences rendues par lesdits magistrats. En cas de divergences d'interprétation du droit musulman, les oulémas de la ville étaient consultés. Ils se concertaient pour décréter la fatwa idoine qui devenait, dès lors, applicable et que personne ne contestait. Ces savants étaient nombreux du fait que Kénadsa abritait une « université » théologique à l'instar de celles de Fez et de Tunis, mais à une échelle plus réduite. D'ailleurs, il était de coutume kénadsienne, que les étudiants qui désiraient parfaire leurs études se dirigeaient traditionnellement vers ces deux villes maghrébines précitées.

Nous avons vu que le Cheikh n'avait pas d'armée ni de police. Cependant, en cas de menace imminente sur Kénadsa, le Cheikh faisait promptement appel aux tribus citées plus haut qui se mettaient immédiatement à son service et sur le pied de guerre, notamment la tribu des Doui Mania, dont nous avons vu plus haut qu'elle disposait de tout un « arch » sur place, à Kénadsa même : les Ouled Bel Guiz. En cas de grand danger, Abdadla est alertée et les Ouled Djérir de Béchar à quelques encablures de Kénadsa, l'étaient aussi. Ceci était quand même assez rare. Car, non seulement que les éventuels agresseurs étaient dissuadés par ces « forces » que le Cheikh pouvait mobiliser très rapidement, mais sa seule force spirituelle constituait une arme « de destruction massive » et donc de dissuasion. Cependant, il est vrai que certains cheikhs de la lignée, s'étaient dotés d'une petite garde « prétorienne » composée essentiellement de leurs esclaves personnels. Mais c'était plus une garde de cérémonie qu'autre chose. Ses « agents » servaient surtout d'ordonnance et de domestique au cheikh. Cependant, certains avaient de réelles fonctions. Ainsi, s'il arrivait que le « prince » veuille convoquer quelqu'un, c'est à l'un de ces « gardes » qu'il ordonne d'aller le chercher. Si l'interpellé s'avère récalcitrant, le cheikh envoie deux, trois, quatre esclaves pour le faire venir de force. La « contrainte par corps », les emprisonnements pour divers larcins ou délits étaient également pratiqués.

La tradition nous dit que Kénadsa a connu son apogée sous le règne de ABI MADYAN ETH-THANI, « le deuxième du nom » (1825-1852). Son prestige, sa notoriété, l'étendue et la quantité de ses propriétés, de ses biens matériels, la dynamique de ses représentations dans tout le Maghreb, au Moyen-Orient et même dans les pays dits du « Soudan » (Afrique subsaharienne), ont fait de lui une véritable puissance. Evidemment, cette grande notoriété finit par faire ombrage au Sultan du Maroc, qui ne tarda pas à le faire savoir à Kénadsa. Aussitôt, le Cheikh de Kénadsa, sentant la menace qui pesait sur son petit empire, dépêcha auprès du souverain marocain, une délégation en ambassade, composée de notables de la ville, avec des présents de valeur et une lettre où le Cheikh faisait don au Sultan, d'une partie importante de ses propriétés se trouvant dans le sud du Maroc. Ce « somptueux cadeau » inattendu et la courtoisie de « l'ambassade kénadsienne » calma les appréhensions du alaouite, qui s'aperçut que « Le Prince de Kénadsa » était plus préoccupé par « les transactions commerciales » que par des velléités de pouvoir hégémonique ». Les bons rapports qui ont existé entre Kénadsa et la monarchie alaouite ont fait de Kénadsa un partenaire de choix dans les affaires d'Etat. Ainsi, le souverain marocain sollicitait-il les cheikhs de Kénadsa pour intervenir dans les conflits qui éclataient entre les tribus de l'Atlas pour agir et trouver des solutions de paix. Ainsi, Kénadsa continua à prospérer et à faire des affaires avec ses voisins et affiliés jusqu'à l'arrivée des Français, qui vont mettre fin à un établissement humain des plus originaux dans une région désertique réputée pour être des plus hostiles. Cet équilibre de plusieurs siècles entre la nature et les hommes va être rompu de façon brutale.



LA COLONISATION 5ème partie

A l'arrivée des Français en 1903, Kénadsa était encore une ville prospère : sa zaouïa rayonnait sur un territoire qui pouvait dépasser les mille kilomètres à la ronde. Elle avait ses ramifications dans tout le Maghreb septentrional : ses principaux affiliés se trouvaient sur un rayon qui allait d'Alger à Rabat : dans cet « éventail » il faut inclure tout le Maghreb central et occidental y compris bien sûr le Sahara dans sa partie qui va de Marrakech jusqu'au fin fond du Touat en Algérie. Dans un écrit sur cette confrérie datant de 1920 (Imprimerie Orientale FONTANA Frères, ALGER), Marthe et Edmond GOUVION nous disent avoir visité à TRIPOLI (Libye), une zaouïa à la dévotion du Cheikh Sidi Mhamed Ben Bouziane de Kénadsa.

Nous avons vu que Kénadsa jouait un rôle charnière et de carrefour entre l'Afrique du Nord et celle subsaharienne. Par le nombre considérable de pèlerins qui affluaient vers sa zaouïa, elle était aussi appelée « petite Mecque ». Par ailleurs, les commerçants qui pratiquaient le négoce de toute sorte, ne pouvaient traverser son territoire sans une escale (obligée) à la zaouïa et surtout sans une visite au mausolée du Saint Patron de la ville, pour quêter non pas seulement la protection de leur négoce mais solliciter aussi sa baraka pour leur propre personne, pour leurs enfants et leur famille. Les caravaniers venaient solliciter un écrit comportant le sceau du Cheikh « en règne ». En effet, cet axe que les historiens désignaient par « route de l'or » était infesté de brigands.

Il s'agissait de traverser d'immenses territoires qui n'étaient pas du tout sécurisés «ard elkhaouf». Les caravanes allaient donc de Sijlmassa jusqu'au fin fond de l'Afrique occidentale que l'on appelait alors «Essoudane» (le Soudan) qui comprenait notamment le royaume du Mali, l'actuel Sénégal, les Guinées, le Ghana, le Niger, le Nigeria etc. A ce titre, Kénadsa n'était pas seulement un grand marché de l'or et de l'ivoire, de plumes d'autruche, d'encens et de tissus, mais aussi peut-être le plus grand marché d'esclaves de la région. Néanmoins, faut-il préciser : les esclaves n'étaient pas forcément tous (et toutes) d'origine africaine noire, mais d'origines raciales les plus diverses. Et il ne serait pas tabou de dire que c'était pour l'époque un négoce florissant.

La communauté juive de Kénadsa était de vieille souche. D'aucuns pensent qu'elle serait originaire du Touat, chassée de TAMENTIT par Abdelkarim ELMAGHILI, vers 1200 du calendrier grégorien. A Kénadsa, elle avait son propre quartier, «le mellah». Cette communauté pratiquait le travail de l'or et de l'argent, la bijouterie, le travail du bois (menuiserie, ébénisterie, faux plafonds), le commerce des tissus, celui des épices etc.

Les riches commerçants juifs ne se distinguaient en rien de leurs homologues musulmans ni par leurs habits ni par leur mode de vie, ni par leur parler, étant de « purs juifs arabes ». D'ailleurs, il était difficile à non kénadsien de distinguer qui était juif de qui ne l'était pas. Les juifs fabriquaient aussi des alcools divers, de l'eau-de-vie (boukha, mahia, vin de palme...) dont certains musulmans ne se privaient point en cachette. Kénadsa avait également ses forges où l'on fabriquait des armes, des fusils à poudre, des épées et des lances, des ustensiles domestiques et des outils de toute sorte. Elle avait aussi ses potiers, ses vanniers, ses tisserands...




LES MILITAIRES FRANÇAIS ET LA RESISTANCE LOCALE




L'histoire de la résistance du Sud-Ouest algérien à la colonisation reste encore à écrire par les spécialistes de l'histoire.

En effet, ce modeste écrit de presse n'a pas la prétention de suppléer à cette importante autant que passionnante mission. Il s'agit ici, seulement de lever un bout de voile sur cette histoire. La France, comme tout le monde sait, est entrée en Algérie en 1830. Les Algériens ne l'ont pas reçue «avec du lait et des datte

LES ZONES HUMIDES

Béchar : Transhumance vers le sud-ouest

Au moment où l’on craint la persistance du spectre de la sécheresse dans le nord, le Sud-ouest connaît une situation paradoxalement inverse. Les intempéries qui se sont abattues par intermittence, les deux derniers mois, ont provoqué, fait exceptionnel et rarissime, une forte transhumance de troupeaux ovins et caprins vers le sud-ouest.


Ce sont des centaines d’éleveurs venus des régions des Hauts Plateaux pour s’installer dans les zones relativement humides, avec des cargaisons de moutons chargées à bord de camions. Le vétérinaire Traoré, de la direction des Services Agricoles estime pour le moment à 202 000 têtes d’ovins et à 18 000 têtes de caprins qui sont actuellement disséminées à travers 4 principales régions : Les tronçons Hammaguir (Abadla), Zéghamra (Béni Abbès), Oum chégag (ksours du Nord), la zone de Taghit vers Igli et la vallée de la Zouzfana. Selon le vétérinaire, le nombre d’éleveurs qui arrivent des régions des Hauts Plateaux augmente chaque jour et il est difficile d’arrêter un chiffre précis.

Têtes femelles majoritaires

La persistance de la sécheresse qui sévit dans ces régions traditionnellement fertiles est à l’origine de la transhumance vers le Sud-ouest, ce qui a engendré une situation d’augmentation vertigineuse sur les prix des aliments de bétail, insupportables pour ces éleveurs, a-t-il indiqué. Il a, par ailleurs, relevé à travers ses visites d’inspection sur les lieux de pâturage que le cheptel venu des Hauts Plateaux est constitué majoritairement de têtes femelles. Mais, avertit-il, cette transhumance est encore précoce en cette saison automnale et que, dans le cas où les précipitations s’arrêtent à ce volume de pluviométrie enregistré jusqu’ici, ces éleveurs pourraient être contraints à fuir la région du Sud-ouest vers d’autres horizons. Pour l’heure, les zones de pâturage sont parsemées de pousses encore jeunes mais renforcées par des plantes pérennes –éremth, degâa, armoise blanche (chih), gars, etc., dont la valeur nutritive est reconnue. Toujours selon le vétérinaire, deux foyers seulement de tangue bleue, cette maladie virale transmise par des piqûres de moustiques, ont été décelées et maîtrisés. Ils ont touché 2 têtes à Oum chgag et 11 autres à Hammaguir, sans conséquences pour le reste des troupeaux.

 

NOUVEAU DECOUPAGE DU TERRITOIRE

Nouveau découpage du territoire

107 wilayas déléguées pour une meilleure décentralisation

Comme l’a révélé en exclusivité le quotidien arabophone En-Nahar El Djedid de lundi dernier, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nordine Yazid Zerhouni, vient de transmettre la dernière mouture du nouveau découpage du territoire national au président Abdelaziz Bouteflika.

Cette mouture prévoit la création de 107 circonscriptions administratives ayant statut de wilayas déléguées et qui seront dirigées par des walis délégués jusqu’à leur affranchissement total des wilayas-mères. Le journal en question nous apprend que l’annonce de cette nouvelle division du territoire sera annoncée officiellement la semaine prochaine. La première particularité de ce nouveau schéma territorial est qu’il exclut la capitale des changements qui devraient intervenir, même s’il demeure possible que les nouvelles wilayas déléguées de Koléa, Boufarik et Larbaâ empiètent sur l’actuel territoire de la wilaya d’Alger.

L’on ne sait pas avec exactitude quels sont les critères qui ont présidé à la création de ces 107 nouvelles entités administratives du territoire national, mais si on se fie aux déclarations de Yazid Zerhouni lorsqu’il a abordé ce thème en septembre 2006, le principal critère serait l’importance démographique des wilayas-mères. Ainsi, selon les nouveaux critères du ministère de l’Intérieur, une wilaya doit se situer démographiquement dans la fourchette de 400 à 500 000 habitants.

Aménagement du territoire : un flou artistique

Toute division du territoire est censée découler d’une vision et d’un objectif qui se cristallisent dans la notion d’aménagement du territoire. Le débat, les études et les écrits traitant de l’aménagement du territoire n’ont sans doute jamais été aussi présents et aussi prégnants qu’au cours de ces quatre dernières années. Bien que les structures administratives et les services techniques chargés de ce volet important de l’économie nationale aient été installés depuis longtemps, au même titre que tous les autres services ayant simultanément les attributs techniques et de puissance publique, l’action et l’efficacité sur le terrain laissaient à désirer particulièrement à l’ombre de la rente pétrolière, pendant les décennies 70 et 80 du siècle dernier, où aucune espèce d’imagination ou de créativité n’était exigée des cadres et techniciens qui étaient chargés de l’administration spatiale de l’économie nationale et des équilibres naturels basés sur la gestion rationnelle des ressources.

Il y a un peu plus d’une décennie, une initiative de taille fut prise par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Equipement en mettant en place des entités de gestion de l’eau de surface sur l’ensemble du territoire national. C’étaient les bassins hydrographiques, structures administratives et techniques chargées de la gestion des ressources en eaux selon leur répartition spatiale. Les eaux pluviales, représentant environ

12 milliards de m3 par an, ont ainsi été destinées à être gérées selon les bassins versants qui leur donnent naissance. On a eu ainsi : les bassins Issers-Soummam, Chlef-Zahrez, Rhumel-Oued El Kébir, Mina-Tafna, etc. Même si ce genre d’organisation a été mis en place tardivement, il n’empêche que c’est là une intéressante expérience, inspirée sans doute des schémas en vigueur en Europe, répondant à des impératifs géographiques, écologiques et pratiques.

Malheureusement, il n’en a pas été ainsi pour les autres secteurs. L’agriculture, l’habitat, les grandes infrastructures routières, certains équipements publics, les services sociaux, enfin, tous les segments qui constituent l’essentiel de l’ossature de l’économie nationale continuent à souffrir d’une planification spatiale approximative générant désordres sociaux, déséquilibres écologiques et dysfonctionnements organiques. Sur ce plan, le secteur de l’urbanisme et de la construction est sans doute le cas le plus expressif et le plus dommageable de l’anarchie vécue dans l’aménagement du territoire. Les rapports, analyses et études produits à l’occasion du séisme de Boumerdès montrent à ce propos la grande part revenant à l’anarchie urbanistique dans l’ampleur des dégâts. De même, les constructions, parfois en toute légalité, sur des zones inondables ont généré leur part de malheurs à la suite des pluies torrentielles survenant au début de l’automne, phénomène somme toute classique sous le climat méditerranéen. Sur ce chapitre, le bon sens paysan de nos ancêtres – qui ont installé Constantine sur un rocher, une grande partie de Tlemcen sur le plateau de Lalla Setti et Tizi Ouzou sur le Col des Genêts (c’est la signification même du nom kabyle) – a plus de pertinence et de sens de la mesure qu’une technicité dévoyée, ligotée par une bureaucratie centralisatrice.

Réhabiliter les anciennes cités

La nouvelle division administrative du territoire dégage un premier constat fort révélateur des erreurs qui ont été commises par le passé. En effet, dans la nomenclature des nouvelles entités territoriales, une certaine justice est indubitablement rendue à d’anciennes villes ou agglomérations qui, lors du dernier découpage de 1984, avaient déjà toutes les qualifications pour devenir des chefs-lieux de wilaya, mais qui ont été «omises» au profit de villes limitrophes plongées jusque-là dans un bel anonymat. Les calculs politiciens, soutenus par le copinage et le clientélisme, ont souvent servi de base à ce découpage qui, dans sa grande majorité, était entaché de discordance géographique et de disharmonie humaine et économique. A l’ouest du pays, l’exemple de Naâma est, sur ce plan, édifiant. Sur l’immensité de ces Hauts Plateaux de ce qui s’appelait le sud-ouest oranais, deux villes – parce que historiquement constituées et commercialement actives – pouvaient prétendre au statut de chef-lieu de wilaya : il s’agit de Aïn Sefra et Mechria. Les voies de ministère de l’Intérieur étant impénétrables, ce fut Naâma, un carrefour pastoral, qui eut les faveurs des décideurs. Les deux chefs-lieux de daïra «oubliés» en 1984 sont réhabilités en 2008, selon les informations rapportées par le journal En-Nahar El Djedid. La même aberration est vécue au centre du pays où la wilaya de Boumerdès a été promue ex nihilo. Hormis l’ancien casernement de l’OAS implanté sur le promontoire et les instituts technologiques (INH, IAP, Inelec…), rien ne disposait l’ex-Rocher Noir au statut de wilaya devant Bordj Menaïl et Thenia. La première ville est citée dans la nouvelle liste pour être promue chef-lieu de wilaya déléguée. En plus, la ville de Dellys, ancien comptoir romain et vieille base ottomane, serait, elle aussi, promue comme chef-lieu de wilaya déléguée.  Il en est de même de Aïn Defla qui, on ne sait comment, a ravi la vedette à Khemis Meliana. A El Khemis, ayant une position stratégique sur la RN4, sera ajoutée Méliana, une ville historique située sur les hauteurs  du Zaccar. Il faut aussi savoir que depuis  34 ans, les villes de Sour El-Ghozlane (Bouira) et Bousaâda (M’Sila) attendent la réalisation de leur «destin» ; les populations de ces circonscriptions n’ont jamais «digéré» leur rattachement à respectivement Bouira et M’sila. Il se trouve que la nouvelle mouture mise en circulation par le quotidien arabophone intègre deux autres circonscriptions administratives avec le statut de wilayas déléguées sur le territoire de Bouira. Donc, outre Sour El-Ghozlane, la wilaya de Bouira verra naître en son sein les wilayas déléguées de Aïn Bessem et Lakhdaria. 

Corriger le tir

Des aberrations furent aussi connues, en 1974 et 1984, à l’Est du pays avec Aïn Beida, escamotée face à l’ex-Canrobert (Oum El-Bouaghi) et El Kala, rapetissée face à El Tarf. Ces deux cas viennent d’être «régularisés» après des décennies d’incohérence avec en plus, pour Oum El-Bouaghi, l’émergence de Aïn M’lila, destinée à être érigée en wilaya déléguée.

Les calculs politiciens qui ont dû guider les «choix» du découpage administratif pendant les années 1980 n’ont pas seulement fait une grave entorse à la rationalité dictée par l’histoire des villes algériennes et par le socle humain constitué de relations de sang et de flux économiques et commerciaux, mais ils ont également fait l’impasse sur les zones écologiques et les espaces naturels homogènes du pays. Qu’une partie de la wilaya de Médéa soit si proche du littoral (à partir du mont Chréa) et que l’autre partie plonge dans les immensités steppiques de Boughezoul, voici bien une aberration qui rejette le critère de zone écologique et qui fait fi de la notion d’aménagement du territoire. Plus de deux décennies plus tard, cette extravagance sera corrigée par la création de deux nouvelle entités qui prendront en charge la plaine du Sersou, comprise entre les monts de l’Ouarsenis et les monts du Titteri. Ce sont les wilayas déléguées de Ksar El-Boukhari et Aïn Oussara, issues respectivement des territoires de Médéa et de Djelfa.

La grande nouveauté dans le schéma territorial que se propose d’approuver le président de la République est l’éclatement que doivent subir les deux mégapoles d’Algérie : Oran et Constantine. La capitale provinciale de l’Ouest donnera naissance à huit wilayas déléguées, outre la ville d’Oran : Senia, Aïn Turk, Arzew, Boutelilis, Bethioua, G’deyel, Oued Tlilet et Bir El Djir. Ce sera à peu près l’équivalent des communautés urbaines instituées dans certains pays européens comme la France. Quant à Constantine, la nouvelle division administrative créera à l’intérieur de son territoire cinq wilayas déléguées : El Khroub, Zighoud-Youcef, Aïn Abid, Hamma Bouziane et Ben Ziad. Si la wilaya de Sétif se trouve allégée de la «rampante» El Eulma (les 27 km séparant ces deux villes se réduisent en peau de chagrin), les habitants de Chelghoum El Aïd (ex-Chateaudun-du-Rhumel), dans la wilaya de Mila, qui ont, depuis longtemps, souhaité s’affranchir de l’antique Milev, vont avoir droit à une circonscription administrative de rang de wilaya déléguée.

Il était temps également que certaines villes ayant pris une certaine dimension spatiale, économique et humaine accèdent au rang de chefs-lieux de wilaya : c’est le cas de Mohammadia (ex-Perrégaux) dans les Monts des Beni Chougrane, Sougueur et Frenda (Hauts Plateaux de Tiaret), El Milia et Taher dans la wilaya de Jijel, Ténès (littoral de Chlef), Barika (Hauts Plateaux entre Batna et M’Sila), Draâ El Mizan (entre Bouira et Tizi Ouzou) et Akbou (dans la vallée de la moyenne Soummam). Pour la wilaya de Tizi Ouzou, quatre entités administratives ont été désignées pour former les wilayas déléguées : Draâ El Mizane, Azazga, Aïn El Hammam et Azeffoun. Même si ces régions abritent une très forte densité de population, force est de reconnaître que la superficie de leurs territoires respectifs et les potentialités naturelles dont ils disposent sont des plus maigres. 

Le défi de la gestion des territoires  

Aux frontières est et ouest du pays, les pouvoirs publics ont, depuis longtemps, songé à des circonscriptions administratives pouvant être dotées de certains pouvoirs spécifiques liées aux flux commerciaux, à la répression de la contrebande et du trafic des stupéfiants et à l’endiguement de l’immigration clandestine. Ce sera chose faite avec la promotion de Bir El-Ater (wilaya de Tébessa) et Maghnia (wilaya de Tlemcen) au rang de wilayas déléguées. Le cas des territoires du Sud est connu par la complexité liée aux distances séparant les différents démembrements de l’Etat des chefs-lieux de wilaya. Cette contrainte ne peut être levée que par la création de nouvelles circonscriptions administratives plus proches des citoyens et aussi par la décentralisation de la gestion administrative et économique de ces espaces. C’est ainsi que dans la wilaya d’Adrar deux villes seront érigées en wilayas déléguées. Il s’agit de Bordj Badji Mokhtar et Timimoun. A Tamanrasset, deux daïras seront élevées au rang de wilayas : In Salah et In Guezam. Signalons que le Sud-Ouest sera renforcé avec Abadla et Beni Abbas comme wilayas déléguées issues de la wilaya de Béchar. Au sud-est algérien, ce sera la coquette Djanet qui aura le statut de wilaya déléguée.

A ce niveau d’information, deux questions majeures se posent : tous les efforts sectoriels fournis par le gouvernement au cours de ces dernières années pour asseoir une gestion équilibrée de l’espace et une exploitation rationnelle des ressources ont-ils été capitalisés et intégrés dans la vision ayant présidé au nouveau découpage territorial ? Ici, nous pensons notamment au Schéma national de l’aménagement du territoire (Snat), outil de gestion et de prospective étalé sur 20 ans mis en place en 2004, et à la loi portant protection des zones de montagne de 2003, renforcée, le 25 septembre 2006, par l’installation d’un Conseil national de la montagne. Ces deux outils scientifiques et juridiques ont été initiés et mis en place par le département de Chérif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme. Ensuite, il importe de savoir de quelles prérogatives et marges de manœuvres pourront bénéficier ces nouvelles structures une fois affranchies définitivement de leurs wilayas-mères ? Ici, l’interrogation rejoint la grande problématique de la décentralisation/régionalisation mise sur la table à plusieurs reprises par les spécialistes de l’aménagement du territoire, des universitaires, les gestionnaires des secteurs économiques, les responsables de l’administration locale, des personnalités politiques de l’opposition et des représentants de la société civile. En quoi, par exemple, le nouveau schéma territorial pourra-t-il prendre en considération les propositions de la Commission des réformes des structures de l’Etat – présidée par Missoum S’bih – en matière de décentralisation ? En évoquant la typologie des six wilayas historiques, feu Salah Boubnider suggéra d’aller vers plus de décentralisation pour asseoir une véritable démocratie. Une chose est certaine : dans la configuration actuelle des structures de l’Etat, ni l’économie du pays ni la gestion des affaires administratives ni la société ne trouvent réellement leur compte. Partout dans le monde, la gestion centralisée a montré ses limites, et la meilleure solution est d’anticiper les changements pour ne pas avoir à les subir de façon douloureuse, voire dramatique. Le nouveau projet de découpage du territoire y contribuera-t-il d’une façon substantielle ? Attendons sa promulgation officielle pour voir plus clair. Restera à savoir ce qu’il coûtera en termes de budget de l’Etat, étant donné que les nouvelles structures administratives feront appel à de nouveaux fonctionnaires et à de nouvelles infrastructures. 

Par Saâd Taferka

 

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LES MALADIES A TRANSMISSION HYDRIQUE

Béchar

57 personnes atteintes de Brucellose en 4 mois

En matière de maladies à transmission hydrique, il ressort qu’à travers le bilan épidémiologique établi des 4 premiers mois de l’année en cours, 8 cas de dysenterie amibienne ont été relevés (1 cas à Abadla et 7 à Béni Abbès)

Concernant les zoonoses (maladies atteignant à la fois l’homme et les animaux), l’on relève par contre que durant la même période, la wilaya en a enregistré 57 de brucellose (maladie dangereuse causée par une bactérie pouvant conduire à une stérilité et elle est parfois mortelle, que l’on peut contacter par ingestion de lait cru contaminé). Le même bilan fait état de 314 cas de leishmaniose cutanée (maladie parasitaire). La commune de Abadla reste la plus touchée par la leishmaniose (227 cas), suivie de Béchar (69) et de Béni-Abbès (18). La commune d’Abadla détient aussi le nombre élevé de cas de brucellose (42), suivie de Béchar (15). Sur le registre des infections virales, il est recensé 47 cas d’hépatite virale B et C, 5 cas de rougeole et 3 cas de syphilis. Pour l’hépatite virale B et C, c’est le chef-lieu de wilaya qui occupe la première position, avec 39 cas relevés sur l’ensemble des 21 communes. 5 cas de rougeoles ont été signalés au cours des 4 premiers mois de l’année 2007, contre 28 en 2006. S’agissant des infections d’origine alimentaire pour la même période, 15 cas ont été relevés au chef-lieu de wilaya.

Les intoxications en recul

Par rapport au bilan épidémiologique de l’année 2006, on peut dire que la situation établie durant les 4 premiers mois de cette année tend à l’amélioration, car les infections citées connaissent une relative courbe descendante, en particulier pour la leishmaniose cutanée. Les infections d’origine alimentaire ont également baissé de manière sensible par rapport à l’année 2006, où 70 cas avaient été diagnostiqués. On indique cependant qu’en dépit des efforts consentis par les autorités sanitaires de la wilaya (achats de produits et matériels et actions engagées) pour une meilleure prise en charge des opérations de lutte contre les zoopathies, la situation chiffrée des cas enregistrés durant la même période (dernier trimestre des années 2005 et 2006) montre une nette recrudescence de cette dernière.

 

Par M. Nadjah

LA NOUVELLE POLYCLINIQUE A ABADLA

Amar Tou en visite à Béchar

Amar Tou, ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, a été en visite, mercredi et jeudi derniers, dans la wilaya de Béchar.

A kerzaz (400 km au sud de Béchar), il a inspecté les travaux d’extension d’un projet de réalisation d’un bloc opératoire doté de 40 lits, attenant à la polyclinique inaugurée l’an dernier. A El Ouata, une localité de 8 000 âmes, le ministre a également inauguré une polyclinique dotée de tous les équipements nécessaires et modernes et fonctionnant avec cinq médecins généralistes. La structure sanitaire aura coûté près de dix milliards de cts avec ses équipements. Le premier responsable de la santé publique a insisté, au cours de son entretien avec le personnel médical, sur la nécessité d’assurer une permanence de service et sur « la rigueur dans la gestion ». A l’hôpital Mohamed Yagoub de Beni Abbès, Amar Tou a inspecté le nouveau service d’hémodialyse équipé de quatre générateurs et d’un scanner 2 barrettes récemment acquis, ainsi que le service d’endoscopie. Dans la commune d’Abadla, il a inauguré une nouvelle polyclinique d’un coût de 33 579 173 DA, inspecté le nouveau service d’hémodialyse doté de quatre générateurs, à l’instar de celui de Béni Abbès. Des acquisitions, fait-on savoir, qui mettent fin aux souffrances des patients qui se déplaçaient jusqu’à Béchar. Les travaux d’un nouvel hôpital de 120 lits seront bientôt lancés à Abadla, la structure hospitalière équipée coûtera 1 350 000 000 DA. A Béchar, Amar Tou a visité l’hôpital Mohamed Boudiaf, entièrement rénové et réservé exclusivement à la mère et l’enfant, structure au sein de laquelle se pratiquent trois spécialités, à savoir la gynécologie, la maternité, la pédiatrie ainsi que le service des urgences médicochirurgicales. L’enveloppe budgétaire dégagée pour la rénovation et l’équipement de cet hôpital s’élève à 300 000 000 DA. La clinique ophtalmologique algéro-cubaine, achevée, a fait également l’objet d’une inspection. Elle sera mise en service avant la fin de l’année 2008, a indiqué Amar Tou. Jeudi, le ministre s’est déplacé à Beni Ounif (110 km au nord de Béchar), où il a posé la première pierre pour d’autres projets relevant de son département. A l’école paramédicale, le ministre a expliqué devant les cadres de la santé, la politique sanitaire de son département ainsi que ses grands axes qui ont pour fondement, dira-t-il, la réalisation des structures sanitaires, la formation de spécialistes et le personnel paramédical et dont la finalité serait la couverture sanitaire de l’ensemble du pays. En guise d’illustration, il citera l’hôpital Mohamed Boudiaf pour « la mère et l’enfant », qui constitue, selon lui, un modèle qui n’existe dans aucune ville d’Algérie et a appelé à la préservation de cet acquis.

 Par M. Nadjah

63 nouveaux spécialistes pour la Saoura - El Moudjahid - Algérie - 09/06/2007
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Amar Tou, a effectué jeudi dernier une visite d’inspection et de travail à travers la wilaya de Béchar pour s’enquérir de la situation de son secteur dans cette région du sud-ouest du pays. Dans la daira de Béni-Abbès, située à 260 kilomètres au sud du chef-lieu de wilaya, M. Tou a inspecté les différentes structures de l’hôpital de 120 lits de cette ville, dont les prestations de services concernent une grande partie des populations de la partie sud du territoire de la wilaya, notamment ceux des localités les plus éloignées.

Le ministre s’est enquis également du fonctionnement d’une polyclinique disposant d’un encadrement médical et paramédical susceptible de prendre en charge dans les meilleures conditions possibles les malades.
Dans la daïra de Kerzaz, située à 350 km au sud de Béchar, le ministre a inauguré une polyclinique avant de se rendre à El Ouata où il a lancé les travaux de réalisation d’une polyclinique, projet inscrit dans le cadre du développement des structures sanitaires de base pour l’amélioration de la prise en charge des malades et surtout la concrétisation des objectifs des différentes campagnes nationales de prévention et de vaccination contre les différentes maladies.

photos-0007.jpgDans la daira, d’Abadla, le ministre visitera l’hôpital de 60 lits, l’ancienne polyclinique de cette ville avant de se rendre au chantier de réalisation d’une nouvelle structure sanitaire similaire dont le coût global est estimé à 40 millions de dinars.
Une enveloppe budgétaire estimée à 427 millions de Dinars a été consacrée aux différents programmes de modernisation des équipements médicaux et d’acquisition de matériel nécessaire pour une meilleure prise en charge des malades, a indiqué M. Tou.

Le secteur de la santé dans la wilaya de Béchar a enregistré ces dernières années d’importantes réalisations dans le but de l’amélioration de la prise en charge des malades selon les normes nationales requises, parmi lesquelles le lancement des travaux d’aménagement et de mise à niveau de l’hôpital "Mohamed Boudiaf" à Béchar avec un coût de 100 millions de dinars, la réalisation d’une polyclinique au niveau de la "zone bleue" avec une enveloppe financière de 80 millions de dinars, ainsi que la réhabilitation et l’équipement du centre de santé de la localité de "Wakda", avec un coût de 35 millions de dinars.

La wilaya a également bénéficié de nouveaux projets notamment un hôpital psychiatrique de 120 lits à dimension régionale, un centre de désintoxication et le renforcement de l’encadrement médical par 63 spécialistes nationaux, ce qui a permis l’ouverture de plusieurs services dont ceux du scanner et des maladies infectieuses, d’un centre régional de référence pour la prise en charge des malades du SIDA en plus de la programmation de l’ouverture prochaine d’un centre pour les cancéreux aux niveau de l’hôpital de 240 lits à Béchar.

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Plus de 5 000 médecins spécialistes seront recrutés - El Watan - Algérie - 09/06/2007
Amar Tou, ministre de la Santé, qui était ce week-end en visite à Béchar, a demandé de titulariser les médecins qui exercent dans le cadre du pré emploi. Il a annoncé dans la foulée que d’ici 2009 plus de 5 000 médecins spécialistes seront recrutés à l’échelle nationale ainsi que la formation, d’ici à 2 ans, de plus de 4 000 agents paramédicaux. Le ministre a entamé, hier, une visite de travail et d’inspection de 2 jours dans la wilaya.

Il s’est déplacé tôt dans la matinée de jeudi à Béni Abbès (240 km au sud de Béchar). Les responsables de la santé au niveau local ont indiqué que l’hôpital Yacoub Mohamed de 120 lits, à Béni Abbès, qui ne disposait pas, il y a 6 mois, de médecins spécialistes, compte aujourd’hui 15 praticiens couvrant la quasi-totalité des pathologies dites de base. On souligne toutefois l’inexistence d’un cardiologue mais l’handicap, nous précise un praticien, est compensé par les soins de base dispensés et qu’en cas d’urgence, le patient souffrant est évacué sur Béchar. Dans la localité de Kerzaz (350 km au sud de Béchar), qui compte 7 000 habitants, Amar Tou a inauguré une polyclinique d’une superficie de 450 m2.

L’autorisation de programme (AP) dégagée pour cette structure prévoit une enveloppe de 80 millions de dinars, réalisation et équipement compris. Elle est dotée d’un laboratoire, d’une radio PMI, d’une salle d’accouchement et d’un cabinet dentaire. Poursuivant son périple, la délégation ministérielle s’est arrêtée dans la daïra d’El Ouata (4 000 habitants) pour inspecter le chantier d’une polyclinique en cours de construction, dont les travaux ont été lancés au mois de février dernier, pour un coût de plus de 33 millions de dinars.

Un Déficit à combler

Contrairement à l’hôpital de Béni Abbès, le secteur sanitaire d’Abadla, Bachri Belkacem de 60 lits accuse un manque de spécialistes, notamment en ORL, en neurochirurgie, en cardiologie et en médecine interne. Dans la maternité visitée, les évacuations sur Béchar de 30 à 40 patientes par mois, ont cessé depuis l’arrivée, il y a mois, d’un gynécologue. Mais, un infirmier nous a précisé l’indispensable autonomie que doit acquérir le secteur sanitaire d’Abadla en matière d’encadrement et de recrutement d’agents paramédicaux devant assurer un fonctionnement régulier des services spécialisés existants. Une telle autonomie, ajoute l’infirmier, va réduire les évacuations des malades en direction de l’hôpital 240 lits de Béchar, qui font subir des pressions pouvant aller, à moyen terme, jusqu’à à annihiler le progrès réalisé en matière d’hospitalisation. Dans la matinée du vendredi, le ministre s’est dirigé vers l’hôpital 240 lits de Béchar pour visiter les nouvelles unités créées, à savoir une unité de cardiologie, celle des maladies infectieuses et le service d’hémodialyse. Amar Tou a demandé aux responsables de la santé de la wilaya la création, d’ici 4 mois, de services d’hémodialysés au niveau des secteurs sanitaires de Beni Abbès et d’Abadla pour éviter aux patients d’effectuer des déplacements au chef-lieux de wilaya. Dans l’après-midi, le ministre s’est rendu à Beni Ounif pour inspecter des unités relevant de son département.

M. Nadjah

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06/08/2008

ADDUCTION D'EAU POTABLE POUR LA VILLE

Béchar. Adduction de l?eau potable pour la ville
Postée par : sofiane
Date : 04/03/2008
Ecrit par : M. Nadjah
Source : www.elwatan.com
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Le représentant du gouvernement a sommé les cadres locaux de son département de réfléchir désormais sur le  long terme en matière d?édification, non plus des réservoirs de 250 m3, mais des réservoirs d?une capacité allant de 15 000 à 20 000 m3.

Est-ce la fin définitive du calvaire vécu longtemps par la population en matière de distribution de l?eau potable ? A en croire Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau, en visite dans la wilaya le samedi et dimanche, la population de Béchar sera approvisionnée au quotidien en eau potable, au moins pendant 10 heures au lieu d?une fois tous les trois jours actuellement et à des heures irrégulières, donc contraignantes. La distribution quotidienne se fera à partir du mois de décembre prochain. Le gouffre financier de l?Algérienne des Eaux qui gère pour l?instant 6 communes sur les 21 de la wilaya et qui se chiffre à 41 milliards de cts (toutes créances confondues), ne se prête guère à l?optimisme pour l?entreprise publique de distribution de l?eau. Le ministre a appelé les abonnés récalcitrants à mettre la main à la poche afin d?atténuer, a-t-il souligné, l?ardoise salée léguée par la défunte EPDEMIA. Il ajoutera, pour rassurer, qu?aucune augmentation du tarif de l?eau n?est prévue pour l?année 2008. En outre, une station d?épuration des eaux usées sera installée à Béchar, un projet inscrit, jugé prioritaire et son l?étude de faisabilité sera réactualisée, a déclaré le ministre. Cependant, la problématique de l?oued de Béchar, premier souci des habitants car vecteur de toutes sortes de maladies causant de nombreux désagréments, en particulier pour les riverains, a été abordée par le directeur de l?Hydraulique. Elle sera définitivement réglée, selon un collaborateur du ministre, chargé du dossier, sur la base d?un schéma directeur qui prendra en ligne de compte les conclusions des experts français qui travaillent sur l?étude du dossier ainsi que de protection des riverains contre les inondations lors des intempéries.

Risque de perturbation

Le représentant du gouvernement a sommé les cadres locaux de son département de réfléchir désormais sur le long terme en matière d?édification, non plus des réservoirs de 250 m3, mais des réservoirs d?une capacité allant de 15 000 à 20 000 m3. Le premier responsable des ressources en eau a visité la réalisation de la station flottante de pompage de l?eau au niveau du barrage de Djorf Torba, qui alimente Béchar, Kenadsa et Abadla. L?autorisation de programme pour cette station mise en service récemment est de l?ordre de 230 millions de dinars. La direction de l?Hydraulique de la wilaya indique que le report du raccordement de la station à la conduite de refoulement, de mai 2007 à novembre de la même année, a été motivé par le risque de perturbation dans la distribution de l?eau pendant la saison estivale. Mais des déperditions des eaux dues à la vétusté et à la défectuosité du réseau AEP de la ville de Béchar sont estimées par la direction de l?Hydraulique à 90 litres/seconde. La cartographie du réseau AEP de la principale agglomération de la wilaya est inexistante, selon le directeur de l?Hydraulique. Abdelmalek Sellal a ensuite inspecté les travaux de rénovation d?une partie (7km jusqu?ici réalisés) de la canalisation d?amenée principale (en fonte) Djorf Torba- Béchar, sur une distance de 33 km, attaquée par la corrosion et la salinité et qui seront achevés au mois de juillet prochain. Mais, des contraintes ont été soulevées au niveau de la gestion du barrage (350 millions de m3) et qui concerneraient essentiellement l?insuffisance en matière de personnels de gardiennage de l?ouvrage et celle de la sécurité du pont qui traverse l?ouvrage en diagonale et qu?empruntent des véhicules de gros tonnage. La délégation ministérielle s?est dirigée vers la petite commune de Mougheul (45 km au nord de Béchar) pour inspecter la canalisation de renforcement d?un forage qui viendrait en appoint et qui alimentera en eau potable, dans les prochains mois, la commune de Béchar. L?autorisation de programme dégagée pour le projet est évaluée à 1 milliard de dinars. Deux forages et une digue sont inscrits au niveau de cette petite agglomération agropastorale.


 

04/08/2008

CAMPAGNE DE DEMOUSTICATION A ABADLA

 108 nouveaux cas de leishmaniose en à Abadla en Algérie       jeudi 30 novembre 2006.

En Algérie, la lutte visant l’éradication du phlébotome, insecte vecteur de la leishmaniose, est engagée.

De grands moyens sont utilisés dans la daïra d’Abadla pour une campagne de démoustication qui durera un mois.

La daïra d’Abadla, située à 100 km au sud-ouest de Bechar, constitue avec ses trois communes un véritable vivier de phlébotome, principal vecteur de la maladie de la leishmaniose avec la proximité de l’oued Guir et de nombreux cloaques dont Abadla, Machraa Houari Boumediene et Erg Ferradj n’arrivent pas à se défaire.

La sonnette d’alarme a été tirée par les services de la médecine préventive après avoir identifié pas moins de 108 nouveaux cas de leishmaniose durant le mois d’octobre. Cette fois-ci, les trois communes ont coordonné leurs actions de lutte en employant les grands moyens.

S2400152.JPGC’est ainsi qu’une trentaine de personnes équipées de pulvérisateurs manuels et mécaniques se sont attelées à la tâche en utilisant des insecticides appropriés à l’intérieur des zones urbaines. L’Institut national de la protection des végétaux (INPV) s’est joint à cette campagne par la mobilisation de deux grands camions-citernes équipés de pulvérisateurs qui, selon le chef de la daïra, permettront de couvrir 24 hectares par jour dans le périmètre irrigué. Un spécialiste est désigné pour le suivi de cette opération qui durera un mois.

Contrairement à la précédente opération du mois de mai dernier, qui entrait dans le cadre de la campagne nationale de la lutte contre la maladie de la leishmaniose, cette fois-ci tous les atouts de réussite ont été pris en considération. Ainsi, la campagne démarrera simultanément dans les trois communes de la daïra et la démoustication de l’espace urbain et de l’espace rural voisins iront de paire.

S2400147.JPG
               La leishmaniose est une infection parasitaire due à des protozoaires hétéroxènes flagellés du genre leshmania dont le cycle s’effectue dans plusieurs hôtes successifs. La leishmaniose est transmise à l’homme par la piqûre d’un insecte diptère hématophage, le phlébotome. C’est la piqûre du phlébotome infecté qui confère la maladie. Seule la femelle de ce diptère est hématophage, c’est-à-dire qu’elle se nourrit de sang par succion. Elle pique l’homme, la nuit. Elle est connue sous de nombreuses appellations telles que le bouton d’Orient, le bouton d’Alep, le clou de Biskra, etc. Les cas de leishmaniose rencontrés en Algérie sont des leishmanioses cutanées et cutanéo-muqueuses.

Leur diagnostic est fondé sur la recherche du parasite intra et extra-cellulaire, sur des frottis effectués après prélèvement des sérosités, au niveau des lésions et cultures sur milieu de Novy, McNeal et Nicolle. Le traitement consiste à lutter contre la surinfection locale, à administrer des dérivés stibiés pentavalents par voie générale, à faire un traitement local : cryothérapie, chirurgie. La prévention consiste, bien sûr, en la démoustication au moyen d’insecticides appropriés dans la lutte contre le phlébotome, seul vecteur de la maladie vers l’homme.

Messaoud Ahmed — La Voix de L’Oranie

VISITE DE MR LE PRESIDENT A. BOUTEFLIKA

Faux barrage
08 Septembre 2007
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Il n’y a pas plus révélatrices que les colères présidentielles: elles sont les symptômes d’un malaise ou d’un mal qui ronge le système depuis longtemps. Et toutes les recettes, remèdes proposés n’ont jamais pu venir à bout des dérèglements, des contradictions, des anomalies qui sont devenus, au fil du temps, l’essence même du régime. Faisons un bref flash-back pour nous souvenir des colères du président Boumediène lors de ses nombreuses descentes au port d’Alger: un port encombré par les pléthoriques commandes des adeptes de l’industrie industrialisante et du socialisme spécifique. Les machines commandées pourrissaient sur les quais encombrés pendant que les gestionnaires du moment tiraient des plans sur la comète et pratiquaient la politique de la fuite en avant. Sa deuxième colère et consternation, il l’exprima lors d’une visite au périmètre d’Abadla, ce projet pharaonique d’abord confié aux Américains avant de passer entre les mains d’ingénieurs algériens chapeautés par l’ANP. Le pauvre ingénieur qui tentait de convaincre le président Boumediène fut décontenancé par les interrogations pertinentes du chef de l’Etat. A cette époque-là, officiellement, la solution des problèmes se voulait algérienne.
L’inquiétude exprimée par l’actuel président sur la fiabilité du barrage de Beni Haroun ne fait que renforcer l’idée que le système d’évaluation et de contrôle n’est pas encore au point. Comment se fait-il qu’un barrage dont le projet remonte à 1968 (quand le ministre de l’Hydraulique n’était autre qu’Ahmed Bencherif, colonel et membre du Conseil de la Révolution), présente quarante ans après, un goût d’inachevé?
Cet imposant ouvrage, alimenté principalement par trois oueds, devait étancher la soif des coteaux des wilayas de Mila et Constantine, transformer un paysage brûlé en été par un soleil ardent et tempérer, grâce à l’humidité ambiante, l’enfer des étés constantinois. Tous ces rêves semblent tomber à l’eau (c’est le cas de le dire!) puisque ce barrage, qui a vu se succéder toutes les péripéties des mésaventures politiques et industrielles de l’Algérie, semble présenter des failles. Ce barrage en conception a vécu les premières APC, la révolution agraire, l’école fondamentale, la 2e Constitution, la Charte d’Alger, le PAP, la Restauration, le terrorisme, le retour de Boudiaf, la grande évasion de Tazoult, le terrorisme résiduel d’Ouyahia, ses nombreuses ponctions, sa multitude de licenciements, les procès de cadres intègres, les privatisations honteuses, le naufrage de l’Ugta, la répression de journalistes, les banques frauduleuses, les constellations de détournements, les espoirs de réconciliation, les nombreux retours de Da Lhocine, les provocations d’Ali Benhadj, les révisions constitutionnelles, les élections préfabriquées, les colères des archs, la disparition des arouch et enfin la grande abstention, celle qui, enfin, a mis à nu, bien plus que le 5 octobre, le malaise général. Comme dirait Hamlet: «Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark».
Le peuple algérien n’en est pas à la première malfaçon: il en a souffert et il en souffrira encore. Cependant, le barrage de Beni Haroun est emblématique: il souffre d’infiltrations d’eau dans ses fondations tout comme le système mis en place depuis l’été 62. Que n’a-t-on dénoncé les infiltrations d’alors? Si on y avait remédié, on n’en serait pas là.

Mirou

 

BIODIVERSITE A ABADLA

Biodiversité

Le futur parc national de Taghit s’étendra jusqu’à la région de Zousfana

Le futur parc national de Taghit s’étendra  jusqu’à la région agro-pastorale de Zousfana, située à une trentaine de  kilomètres au nord de Béchar, a annoncé la conservation des forêts de la  wilaya. Des études ont été réalisées dans ce sens par des experts nationaux et ceux du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD),  dans le cadre de la concrétisation de ce projet de préservation de la  biodiversité, ajoute-t-on de même source. Ce parc national s’étendra sur une superficie de 500 000 ha, soit de la hamada du Guir dans les régions agricoles et touristiques d’Abadla et Taghit située à 80 kilomètres au sud de Béchar à Zousfana au nord de cette wilaya, à proximité des frontières ouest du pays. La superficie initiale du parc était de 100 000 ha. Sa concrétisation a pour objectif la préservation et la protection de la faune et de la flore dans ces régions connues pour leur énorme potentiel naturel,  archéologique et touristique, a souligné la même source. Le dossier technico-administratif pour la création de ce parc national a été soumis aux instances nationales pour approbation après sa finalisation par la conservation locale des forêts en collaboration avec les autres organismes publics concernés, indique-t-on également. Les régions couvertes par ce projet localisé dans les territoires des daïras de Béchar, Abadla et Taghit renferment plusieurs sites  archéologiques datant de plus de huit mille ans, témoins des différentes phases de l’histoire humaine, à l’image des stations de gravures rupestres, les grottes, les abris sous roches, les monuments funéraires et autres palmeraies millénaires. Ces sites touristiques sont d’intérêts exceptionnels d’autant plus qu’ils sont valorisés par les plus grandes dunes du monde à Taghit, hauts de 200 mètres. Outre son aspect culturel, historique et touristique, la zone qui devra abriter ce parc national recèle de nombreuses variétés de faune et de flore, à  l’exemple du mouflon à manchette, des gazelles «dorcas» et «leptoceros», du fennec et du renard, ainsi que plusieurs autres espèces animales propres au climat semi-aride et aride, de même que deux importantes zones humides  celles de «Dayat Ettiour» et du plan d’eau du barrage de «Djorf  Ettorba», encore non classées

DAYAT ETTIOUR A ABADLA

Régions Ouest : BECHAR/ENVIRONNEMENT
Création prochaine du parc national de Taghit


Le projet de création du parc national de Taghit dans la perspective de la protection de l’environnement et de la biodiversité de la vallée de la Saoura, est "en bonne voie", selon des responsables de la Conservation des forêts et ceux des associations ayant pris part à l’élaboration de ce projet à Béchar. Ce projet dont la conception a nécessité plusieurs années de travail, avec la contribution des secteurs des forêts, de l’environnement et du mouvement associatif local activant dans le domaine de la protection de l’environnement, vise la protection de la faune et de la flore recensées dans une zone s’étendant sur le territoire des daïras de Taghit et Abadla, soit sur une superficie de 85 000 ha extensible à 200 000 ha.
Cette région est également réputée pour ses sites archéologiques datant de plus de 8 000 ans, témoignant des premières manifestations de l’homme dans cette région, indiquent des études réalisées dans ce sens. L’existence de stations de gravures rupestres, grottes, abris, monuments funéraires et autres palmeraies millénaires, fait de cette zone un site touristique d’un intérêt exceptionnel d’autant plus qu’il est valorisé par l’une des plus grandes palmeraies du monde, relèvent les mêmes études. Mohamed Bouhakim, ingénieur forestier et précurseur de ce projet, a indiqué que la nature dans cette région permet de passer d’une étendue infinie de sable à une palmeraie verdoyante sur plus de 18 km. Le Lac des oiseaux ou dayat Ettiour, d’une surface de 12 570 ha est l’autre curiosité et merveille de cette zone, signale la même source. Outre son aspect culturel et historique, la zone où sera localisé le futur Parc national recèle de nombreuses variétés faunesques et florales à l’exemple du mouflon à manchettes, des gazelles dorées, de la gazelle leptoceros, du fennec, du renard et du chat du désert ainsi que de nombreuses autres espèces animales propres au climat aride. La flore dans cette région est constituée de diverses variétés de plantes, comme l’acacia radiana, la steppe à arthrophytum scoparium, en plus d’une dense végétation au niveau des lits des oueds à base de tamarix typha et autres, ainsi que des végétations des regs et de la hamada où l’on trouve des plantes basses. Les parties impliquées dans la création de ce Parc national estiment que ce dernier contribuera au renforcement des dispositifs de protection de l’environnement et de la biodiversité dans cette région qui recèle de nombreuses espèces animales et végétales endémiques aux zones sahariennes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
APS

Béchar : Extention du parc de Taghit

Le parc de Taghit prend forme
Extension De 100 000 ha initialement, la superficie du futur parc national de Taghit est portée à 500 000 ha. La réserve s’étendra jusqu’aux frontières ouest du pays.

Le futur parc national de Taghit s’étendra jusqu'à la région agropastorale de Zousfana, située à une trentaine de kilomètres au nord de Béchar, a annoncé la conservation des forêts de la wilaya.

Des études ont été réalisées dans ce sens par des experts nationaux et de ceux du programme des Nations unies pour le développement (Pnud), dans le cadre de la concrétisation de ce projet de préservation de la biodiversité.

Ce parc national s’étendra sur une superficie de 500 000 ha, soit de la hamada du Guir dans les régions agricoles et touristiques de Abadla et Taghit, située à 80 km au sud de Béchar, à Zousfana au nord de cette wilaya, à proximité des frontières ouest du pays.

La superficie initiale du parc était de 100 000 ha. Sa concrétisation a pour objectif la préservation et la protection de la faune et la flore dans ces régions connues pour leur énorme potentiel naturel, archéologique et touristique, a souligné la même source.

Le dossier technico-administratif pour la création de ce parc national a été soumis aux instances nationales pour approbation, après sa finalisation par la conservation locale des forêts en collaboration avec les autres organismes publics concernés, indique-t-on également.

Les régions couvertes par ce projet localisé dans les territoires des daïras de Béchar, Abadla et Taghit renferment plusieurs sites archéologiques datant de plus de huit mille ans, témoin des différentes phases de l’histoire humaine, à l'image des stations de gravures rupestres, les grottes, les abris sous roches, les monuments funéraires et autres palmeraies millénaires.

Ces sites touristiques sont d’intérêt exceptionnel, d’autant plus qu'ils sont valorisés par les plus grandes dunes du monde à Taghit, hautes de 200 m.

Outre son aspect culturel, historique et touristique, la zone qui devra abriter ce parc national recèle de nombreuses variétés de faune et de flore, à l’exemple du mouflon à manchette, des gazelles Dorcas et Leptoceros, du fennec et du renard, ainsi que plusieurs autres espèces animales propres au climat semi-aride et aride, de même que deux importantes zones humides, celles de Dayat Ettiour et du plan d’eau du barrage de Djorf Ettorba, encore non classés.

- InfoSoir
Thirga.ounevdhou est déconnecté  
Kaci Racelma pour IPS - Inter Press Service (Afrique du Sud)
Le 21-02-2007 (Publié sur internet le 28-02-2007 )

Algérie : Taghit, un parc pour barrer la route au désert.


L'Algérie va inaugurer en mai 2007 un parc naturel au cœur du désert, le Parc national de Taghit, avec pour objectif primordial d'en faire un barrage à l'avancée du désert du Sahara.
Image1.pngTaghit est une petite oasis située dans le sud-ouest de l'Algérie, à 1.100 kilomètres au sud d'Alger, la capitale. Taghit recèle d'importantes richesses climatiques et culturelles propices à abriter des vies humaines et animales.

L'Association des amis de la Saoura et l'Agence nationale pour la conservation de la nature (ANCN), qui ont initié ce projet de Parc national de Taghit, ont tout de suite perçu en cette oasis naturelle la possibilité d'en faire un barrage efficace à l'avancée du désert dans ce vaste pays d'Afrique du nord dont le désert occupe les neuf-dixièmes du territoire.

Le Parc national de Taghit occupe une superficie de 250.000 hectares, qui pourra être étendue à 500.000 hectares avec la prise en compte de la région voisine de Guir, indique Amina Fellous, ingénieur à l'ANCN, une structure nationale ayant en charge la réalisation du projet.

L'association des amis de la Saoura, présidée par Mohamed Bendada, a été créée en 1992. Elle est membre fondateur du Comité national des ONG algériennes contre la désertification, et accréditée depuis 1997 auprès du secrétariat de la Convention des Nations Unies contre la désertification.

Le projet de Parc national de Taghit vise, entre autres objectifs, à endiguer l'avancée du désert par la protection des éléments existants de la faune et de la flore, et par l'apport d'autres éléments vivants en vue de constituer un ensemble homogène et viable.

Le parc de Taghit comprendra des zones de protection intégrale sans aucune activité humaine, ainsi que des zones péries-métriques où des activités, même de petite et moyenne industrie, seront tolérées à condition qu'elles ne soient pas polluantes, explique Fellous à IPS.

La protection de la savane et la régénération des peuplements d'acacia sont quelques-unes des autres missions du Parc national de Taghit.

A Taghit, aucune activité socioéconomique ayant des répercussions négatives sur les ressources hydriques ne sera admise, assure Fellous.

Le parc de Taghit vise également la protection et la mise en valeur du patrimoine archéologique, la promotion et le développement des infrastructures touristiques en harmonie avec l'architecture et le paysage du milieu.

Le projet consistera, en outre, à rajeunir la palmeraie et créer des vergers arboricoles pour le développement des ressources phytogénétiques de la région, la création de points d'eau et le reboisement des terrains nus avec des espèces autochtones pour le bonheur des populations pratiquant la transhumance.

Pour ce qui est de la faune, la liste des mammifères à protéger comprend environ 33 espèces, dont six espèces de chauves-souris, 12 espèces de rongeurs, trois espèces de canidés, trois espèces de mustélidés, un félidé, et quatre espèces d'ongulés sauvages.

Au nombre de ces espèces, figurent des espèces menacées tant au niveau national que mondial comme le chat des sables, le fennec, le mouflon à manchettes, ainsi que les trois espèces de gazelles.

La liste non exhaustive des oiseaux du parc comporte pas moins de 107 espèces, et la prospection de l'ensemble de la zone doit être complétée en différentes saisons afin d'y répertorier tous les oiseaux de passage ou migrateurs.

On y trouve 16 espèces considérées endémiques en Afrique du nord et au Moyen-Orient comme la perdrix Gambra, l'outarde Houbara ou le faucon Lanier.

Une vingtaine de ces oiseaux figure sur la liste des espèces protégées en Algérie. Certaines d'entre eux figurent dans des plans d'action internationaux de protection spécifiques, comme l'outarde Houbara.

La réalisation du Parc national de Taghit est une excellente initiative qui endiguera l'avancée du désert et préservera les autres régions, notamment la région de Bechar (centre-ouest), qui continuent de subvenir encore favorablement aux besoins de la population en matière agricole, estime Mouloud Arkoub, enseignant-chercheur en agronomie à l'Université de Tizi-Ouzou, en Kabylie, dans le centre-nord de l’Algérie.

Ahmed Mebarki, ancien entrepreneur à Tamanrasset, dans le sud-est du pays, qui connaît assez bien la région de Taghit pour l'avoir plusieurs fois visitée, affirme que cette région recèle des potentialités climatiques indéniables qui peuvent être exploitées dans la lutte contre l'avancée du désert.

La création du Parc national de Taghit, outre son rôle de barrage au désert, permettra de répondre encore plus aux besoins agricoles des habitants de la région comme en témoigne déjà la production de tomate et de pomme de terre, note avec espoir Malik Raheb, ingénieur agronome en conservation des forêts de Ghardaïa, au sud d'Alger.

CONSTRUCTION D’UN HOPITAL 120 LITS A ABADLA

BECHAR

Plus d’un milliard de DA pour la réalisation de nouvelles structures de santé

Une enveloppe budgétaire de plus d’un milliard de DA a été consacrée à la réalisation de nouvelles structures de santé dans la wilaya de Bechar, apprend-on auprès des responsables locaux du secteur. Parmi ce lot, un hôpital de 120 lits a été inscrit au profit du chef-lieu de la daïra de Abadla pour l’amélioration des prestations médicales et de prise en charge des malades et la prévention des différentes pathologies à travers le territoire de cette région située à 88 kms au sud de Bechar. Une enveloppe de 450 millions de DA a été dégagée pour la réalisation et l’équipement de cette structure hospitalière, qui s’ajoute à une polyclinique déjà en service, dotée de l’ensemble des services spécialisées notamment ceux de la maternité et de la chirurgie générale. Sa réalisation et son équipement ont nécessité un investissement de 33 millions DA, signale-t-on de même source. Cette localité a bénéficié en outre de quatre nouveaux générateurs pour les séances d’hémodialyses, effectuées auparavant à l’hôpital de Bechar, ce qui permet aujourd’hui d’épargner aux malades concernes de longs déplacements, ont souligné les mêmes responsables locaux du secteur de la santé. A Kerzaz, des travaux d’extension de la structure sanitaire de cette ville située à 350 kms au sud de la wilaya sont en cours pour permettre l’augmentation des capacités d’accueil de la polyclinique locale à 60 autres lits, dans la perspective d’une meilleure prise en charge des malades de la grande partie sud du territoire de la wilaya. Ces travaux ont nécessité la mobilisation de 45 millions de DA au titre du programme de développement communal, a indiqué un élu de l’APC de Kerzaz. Enfin à Bechar, un hôpital psychiatrique de dimension régionale avec une capacité d’accueil de 120 lits est également inscrit. Son coût global est estimé à 350 millions de DA, ont ajouté les mêmes responsables..
 

REHABILITATION D’UNE PARTIE DE LA PLAINE D’ABADLA

Une étude est en cours pour réhabiliter une partie de la plaine d'Abadla
 

 

 

Une étude agro-pédologique sera lancée, prochainement  dans la wilaya de Béchar, dans la perspective de concrétiser un programme de  réhabilitation d'une partie de la plaine d'Abadla d'une superficie de 1 000 hectares, a appris l'APS  auprès de la direction des services agricoles  (DSA) de Béchar.Cette étude a été rendue possible suite à une dangereuse remontée   des sels, à l'origine de la dégradation du sol au niveau de cet espace agricole de la wilaya de Béchar, souligne la même source.      Le programme de réhabilitation, qui sera élaboré sur la base de cette étude réalisée par un bureau spécialisé, contribuera certainement à   la modernisation et la correction du système de drainage, indique-t-on  à la DSA.Il faut savoir que  la plaine d'abadla est couverte d'une végétation verte très dense qui joue un rôle important dans la lutte contre l'érosion du sol et la réduction de l'aridité de la zone ; l'arbre est une source de bois de feu, et offre du fourrage et un abri aux animaux aussi bien sauvages que domestiques. Cependant, le couvert végétal a subit une réduction sensible, eu égard à l'avancée de la désertification, la pratique de l'élevage extensif, le surpâturage, l'élagage des ligneux, aux effets desquels viennent s'ajouter le climat et les longues années de sècheresse. Par ailleurs, en un demi-siècle plus de 60 % des forêts alluviales ont disparu du fait de la sécheresse et des aménagements agricoles.Les pratiques agricoles de la plaine d'Abadla sont passées d'un système d'agroforesterie traditionnel à un système moderne intensif durant un temps relativement moyen. Cette intensification a permis d'obtenir des résultats agronomiques et économiques incontestables. La plaine d'Abadla est traversée sur toute sa longueur par l'oued Guir, l'un des plus importants fleuves du pays, qui le partage en deux parties hydrauliquement indépendantes les zones de la rive gauche et celles de la rive droite. De toute évidence, la mise en valeur de cette plaine ne pouvait être rationnellement envisagée que dans la mesure où serait assurée la maîtrise hydraulique de l'oued Guir. Ce cours d'eau torrentiel, alimenté par un immense "bassin versant" de plus de 20 000 km², donne lieu à des crues hivernales soudaines et destructrices permettant à elles seuls et jusqu'à ce jour, la pratique de cultures de décrue (céréales) sur les zones d'épandage (1 500 ha) et le pacage sur de maigres pâturages  (10 000 ovins notamment).Cette maîtrise sera désormais assurée par le barrage de Djorf Torba d'une capacité de 360 millions m3. Les contraintes à surmonter sont donc celles du climat, des sols et du milieu humain. Les deux premières nécessitent le recours à l'irrigation, qui doit " intégrer " le choix des sols et des cultures. La dernière concerne les possibilités d'évaluation d'une population dédiée jusqu'au ce jour à une exploitation très extensive du sol, qu'il s'agisse d'agriculture ou d'élevage, et sur qui repose en définitive, la fois la mise en œuvre des dispositifs techniques prévus pour assurer l'irrigation et la prise  en charge d'une exploitation nettement plus intensive.C'est bien ce facteur social qui pèse le plus dans le choix du projet.
Dalila B.

  EL MOUDJAHID

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Une étude agro-pédologique sera lancée, prochainement  dans la wilaya de Béchar, dans la perspective de concrétiser un programme de  réhabilitation d’une partie de la plaine d’Abadla d'une superficie de 1000 hectares, apprend-on auprès de la direction locale des services agricoles  (DSA) à Béchar.    Cette étude a été rendue possible suite à une dangereuse remontée   des sels, à l’origine de la dégradation du sol au niveau de cette espace  agricole de la wilaya de Bechar, souligne le même source.       
Le programme de réhabilitation, qui sera élaboré sur la base de cette étude réalisée par un bureau spécialisé, contribuera certainement à   la modernisation et la correction du système de drainage, indique-t-on  à la DSA.

 

 

 

03/08/2008

ABADLA ;UNE SOLUTION SCIENTIFIQUE A

    ABADLA ,UNE SOLUTION SCIENTIFIQUE A UN PROBLEME ECONOMIQUE SOCIALE

           Texte écrit par Marie christine       CIHEAM – Option  Mediterraneenes

                Le sous développement structurel touchant l’ensemble de la Saoura se concrétise essentiellement par un niveau de chômage important et une carence en matière de formation professionnelle.

 La solution de ce grave problème est recherchée da,s le cadre de le Révolution Agraire  dans le lequel s’insère parfaitement le projet de mise en valeur de la plaine d’Abadla .Il y a un coïncidence entre les possibilités naturelles et le mécanisme de développement agricole et social déclenché dans tous le pays. 

             La mise en place d’un système culturel moderne ne va pas sans résistance mais elles sont moins marquées q’on aurait pu s’y attendre.

   Lutte contre le chômage : 

           Les premiers mesures de lutte contre le chômage à travers la Saoura intervinrent en (1966 -1970).La création des chantiers à titre «  vacataire » a pris en charge 2137 ouvriers ordinaires et 500 ouvriers spécialisés, le chantier le plus important est de 900 travailleurs  à Abadla.

 

             C’est hommes effectuent des travaux de terrassement, construisent des pistes et des routes, entretiennent les voiries et ils participent à l’adduction potable.

 

            Une fois que la barrage de Djorf Torba est  achevé, les travaux d’aménagement de la plaine ont été débuté parallèlement aux autres travaux de l’hydraulique.

 

            La société Américaine qui emportera  finalement le marché fut chargée du terrassement,de la l’installation des conduits souterrains d’irrigation et de drainage répartis sur 7400 ha .  

 

           Des que les travaux d’aménagements ont été commencer dans la plaine d’autre emplois se créèrent la Compagnie Américaine  eut besoin d’ouvriers,les différents antennes  d’Office nationaux absorbant une main d’œuvre  de plus en plus importante au fur et à mesure  de leur installation.Les services de l’hydraulique,l’institut National de Recherche Agronomique Algérien,le Commissariat de Développement Rural eux aussi durent satisfaire leurs besoins en manoeuvres et en techniciens.

 

         Au milieu de l’année 1974 on pouvait évaluer à 1000, les emplois fournis par l’Entreprise Américaine et 1000 ceux offerts par les Travaux Publics et les Entreprises Privées.Il ne restait plus grand monde entreprit donc de fixer les Reguibats tribu semi-nomade de la région de Tindouf.,certains s’étaient déjà installés à Abadla ,une trentaine d’hommes y travaillaient,attendant un peu avant de faire venir leurs familles.