Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/08/2008

VISITE DE MR LE PRESIDENT A. BOUTEFLIKA

Faux barrage
08 Septembre 2007
Lu 894 fois 

Il n’y a pas plus révélatrices que les colères présidentielles: elles sont les symptômes d’un malaise ou d’un mal qui ronge le système depuis longtemps. Et toutes les recettes, remèdes proposés n’ont jamais pu venir à bout des dérèglements, des contradictions, des anomalies qui sont devenus, au fil du temps, l’essence même du régime. Faisons un bref flash-back pour nous souvenir des colères du président Boumediène lors de ses nombreuses descentes au port d’Alger: un port encombré par les pléthoriques commandes des adeptes de l’industrie industrialisante et du socialisme spécifique. Les machines commandées pourrissaient sur les quais encombrés pendant que les gestionnaires du moment tiraient des plans sur la comète et pratiquaient la politique de la fuite en avant. Sa deuxième colère et consternation, il l’exprima lors d’une visite au périmètre d’Abadla, ce projet pharaonique d’abord confié aux Américains avant de passer entre les mains d’ingénieurs algériens chapeautés par l’ANP. Le pauvre ingénieur qui tentait de convaincre le président Boumediène fut décontenancé par les interrogations pertinentes du chef de l’Etat. A cette époque-là, officiellement, la solution des problèmes se voulait algérienne.
L’inquiétude exprimée par l’actuel président sur la fiabilité du barrage de Beni Haroun ne fait que renforcer l’idée que le système d’évaluation et de contrôle n’est pas encore au point. Comment se fait-il qu’un barrage dont le projet remonte à 1968 (quand le ministre de l’Hydraulique n’était autre qu’Ahmed Bencherif, colonel et membre du Conseil de la Révolution), présente quarante ans après, un goût d’inachevé?
Cet imposant ouvrage, alimenté principalement par trois oueds, devait étancher la soif des coteaux des wilayas de Mila et Constantine, transformer un paysage brûlé en été par un soleil ardent et tempérer, grâce à l’humidité ambiante, l’enfer des étés constantinois. Tous ces rêves semblent tomber à l’eau (c’est le cas de le dire!) puisque ce barrage, qui a vu se succéder toutes les péripéties des mésaventures politiques et industrielles de l’Algérie, semble présenter des failles. Ce barrage en conception a vécu les premières APC, la révolution agraire, l’école fondamentale, la 2e Constitution, la Charte d’Alger, le PAP, la Restauration, le terrorisme, le retour de Boudiaf, la grande évasion de Tazoult, le terrorisme résiduel d’Ouyahia, ses nombreuses ponctions, sa multitude de licenciements, les procès de cadres intègres, les privatisations honteuses, le naufrage de l’Ugta, la répression de journalistes, les banques frauduleuses, les constellations de détournements, les espoirs de réconciliation, les nombreux retours de Da Lhocine, les provocations d’Ali Benhadj, les révisions constitutionnelles, les élections préfabriquées, les colères des archs, la disparition des arouch et enfin la grande abstention, celle qui, enfin, a mis à nu, bien plus que le 5 octobre, le malaise général. Comme dirait Hamlet: «Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark».
Le peuple algérien n’en est pas à la première malfaçon: il en a souffert et il en souffrira encore. Cependant, le barrage de Beni Haroun est emblématique: il souffre d’infiltrations d’eau dans ses fondations tout comme le système mis en place depuis l’été 62. Que n’a-t-on dénoncé les infiltrations d’alors? Si on y avait remédié, on n’en serait pas là.

Mirou

 

Commentaires

Cet écrit est effectivement novateur.Compliment à à son écrivain.Je vais revenir rapidement.

Écrit par : regroupement de credit | 07/04/2014

Écrire un commentaire